STADD et GIP Togo transforment les déchets plastiques en équipements orthopédiques

Le consortium STADD-GIP TOGO franchit un nouveau cap dans son engagement en matière de gestion des déchets. Le groupement a lancé, ce mercredi 24 décembre 2025, deux projets ambitieux : la consolidation et l’extension du projet de collecte, de tri et de recyclage des déchets plastiques en pavés et en granulés dans le Grand Lomé, ainsi que la mise en place d’une unité de fabrication de cannes et de béquilles à partir de plastiques recyclés au profit des personnes à mobilité réduite.

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Ces deux projets, à la fois ambitieux et complémentaires, apportent une réponse concrète à un problème environnemental, sanitaire et socio-économique majeur auquel sont confrontées les municipalités : la gestion des déchets.

Selon Yao Merry, directrice de l’Environnement, « la production de déchets solides municipaux est estimée à 4 574,936 tonnes par jour, pour seulement 732 tonnes collectées ; plus de 83 % des déchets non collectés finissent dans des dépotoirs à ciel ouvert ou dans l’environnement, avec une part importante de plastiques à usage unique et d’emballages souple ».

Vue partielle lors de la remise des béquilles à partir de plastiques recyclés

C’est dans ce contexte que s’inscrit le premier projet porté par GIP TOGO et l’ONG STADD, financé par l’Agence France de Développement (AFD) et piloté par le District Autonome du Grand Lomé (DAGL).

D’un coût estimé à cent cinq millions quatre cent quatre-vingt-dix mille neuf cent quatre-vingt-un mille FCA, le projet vise à renforcer et à étendre les activités de valorisation des déchets plastiques initiées par le consortium STADDD/GIP depuis 2013.

Concrètement, il permettra de renforcer les infrastructures existantes, de doubler la capacité annuelle de recyclage de 3 000 à 6 000 tonnes, d’élargir les réseaux de récupérateurs et d’intensifier les actions de sensibilisation dans les 13 communes du Grand Lomé.

Au-delà de l’enjeu environnemental, ces initiatives démontrent que les déchets plastiques peuvent aussi devenir un puissant levier d’impact social. Le second projet, financé par la Fondation ANESVAD, mise sur cette approche en mettant en place une unité de fabrication de cannes et de béquilles à partir de plastiques recyclés.

Gado Bemah, Directeur Exécutif du groupement STADD-GIP TOGO.

L’objectif est de « réduire les coûts d’accès aux équipements orthopédiques et de favoriser l’inclusion sociale des personnes à mobilité réduite, en particulier les victimes de maladies tropicales négligées, souvent marginalisées dans la chaîne du recyclage », explique Gado Bemah, Directeur Exécutif du groupement STADD-GIP TOGO.

Les premiers résultats sont déjà visibles. À ce jour, plus de 2 000 béquilles ont été produites, une capacité qui dépasse largement les prévisions initiales du projet. Les personnes à mobilité réduite peuvent ainsi bénéficier d’équipements à coût abordable, tout en étant intégrées dans la chaîne de valorisation des déchets plastiques.

Le lancement officiel de ces initiatives s’est déroulé en présence des autorités administratives, locales, universitaires, des représentants de la société civile et des partenaires techniques et financiers. La cérémonie a été marquée par la remise symbolique de béquilles aux personnes à mobilité réduite, suivie d’une visite de l’unité de transformation des plastiques du consortium STADDD/GIP.

« J’ai beaucoup apprécié l’initiative du GIP d’introduire ce type de solutions au Togo, notamment la fabrication de cannes et de béquilles à partir de plastiques recyclés. Je suis également heureux de voir que nous sommes directement impliqués et inclus dans la production de ces équipements, ainsi que des pavés », témoigne Mensah Amelda, bénéficiaire.

Pour les autorités, ces projets ouvrent des perspectives durables. « En conjuguant la montée en capacité de collecte et de valorisation, la structuration des réseaux de collecte, la sensibilisation des écoles et des ménages, ainsi que des innovations fondées sur des produits recyclés à fort potentiel économique et social, ces projets contribueront à réduire la pollution plastique dans l’espace public, à diminuer les volumes de déchets à enfouir et à créer des emplois verts pour les jeunes et les femmes », s’est réjouie Yao Merry, représentante du ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique.

Par Akissa yotou ASSENOUWE

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