COP28/Finance climat : Impliquer le secteur privé dans le développement des Etats

Des experts de la Banque ouest africaine pour le développement (BOAD) ont invité le secteur privé à s’impliquer davantage dans la mobilisation des ressources au financement de l’adaptation aux changements climatiques en Afrique.

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Cette interpellation a été faite lors d’un panel ce mercredi, à la 28ème conférence des parties des nations unies sur les changements climatiques (COP28).

En effet, les ressources attendues pour la cause jusqu’en 2030 s’élèvent à 52,7 milliards de dollars US par an. Pourtant, seulement 11 milliards de dollars US ont été mobilisés en 2020 dont 97% provenant du secteur public, selon un rapport du Centre mondial pour l’adaptation (GCA).

Eric AMOUSSOU,Environnementaliste à la BOAD

« La banque accompagne à la fois le secteur public et le secteur privé, mais les actions d’adaptation au changement climatique ont été clairement insuffisantes. Parce que les populations se voient confrontées partout dans le monde au risque climatique, il faudra faire bien davantage face à ce problème. La mobilisation des acteurs et des financements ne se fera pas sans investissement du secteur privé. », a indiqué d’entrée  Eric Amoussou, Expert environnementaliste à la BOAD.

Pour Ibrahim Papy Traoré Chef Division finance climat à la BOAD, avec l’ambition de contribuer à l’action collective face aux défis posés par le changement climatique, il est de plus en plus important de mettre en place un mécanisme, des procédures pour assurer l’implication de la finance climat dans les opérations de la banque.

« Nous avons mis en place des procédures pour nous assurer de l’implication du climat dans les opérations de la banque. C’est-à-dire que chaque projet qui est soumis à la banque passe par le président de la contribution du projet au changement climatique. Et dans l’architecture, nous regardons la réglementation, nous regardons la politique du pays, nous regardons les CDN ( Contributions Déterminés au Niveau National) des différents secteurs qui ont été ciblés. Si nous avons un projet qui est un des investisseurs de l’énergie, par exemple, nous allons regarder à quelle taux de contribution de CDN est évalué le projet. », a t’il expliqué.

Ibrahim Papy Traoré Chef Division finance climat à la BOAD

Il souligne : «  Nous discutons avec les pays, nous regardons tout à fait le point d’amélioration que nous pouvons apporter. Et c’est dans ce sens-là aussi que les activités au niveau des fonds nous aident. La problématique du financement des CDN, c’est aussi que les États s’engagent à mettre le financement en place. Mais, ça c’est le niveau conditionnel et le niveau non-conditionnel, c’est de mobiliser les financements d’agriculteurs et du secteur privé etc… »

Aussi poursuit t-il «  Ce que nous essayons de faire, c’est de mobiliser ces financements concessionnaires pour accompagner le secteur privé. Donc si nous avons un projet au niveau de la banque, nous pouvons regarder si le projet ne contribue pas sincèrement aux CDN. Et si les composants du projet ne sont pas alignés avec les CDN, nous pourrons proposer que ce projet soit amélioré, qu’il y ait des composants pour accompagner le projet. »

Les projets climatiques prisés par la BOAD

« Nous devons avoir un nouveau moteur avec des financements spécifiquement élevés. Et les réflexions qui se font actuellement, c’est de voir comment avoir un facteur de bonification. C’est-à-dire que si enfin le projet contribue aux CDN, au changement climatique, nous avons les moyens de réduire le taux d’intérêt de ce projet. », rassure t-il.A en croire les explications de l’expert en finance climat, un projet qui contribue aux CDN a un taux d’intérêt plus intéressant.

« Un projet qui contribue au CDN se verra avoir un taux d’intérêt plus intéressant, plus bas, par rapport à un projet qui n’a pas de taux d’intérêt, où un projet qui va vers les énergies fossiles. Donc c’est des réflexions qui sont en cours. Et nous y travaillons, déjà à l’intégration du climat dans les opérations optiques. », conclu-t-il.

En matière d’investissements liés au changement climatique, plusieurs facteurs peuvent empêcher les investisseurs de s’engager : manque de données à l’échelle locale, rareté des opérations finançables et coûts de transaction élevés, par exemple. Pourtant, à l’heure où les gouvernements commencent à formuler des Plans nationaux d’adaptation, le secteur privé peut et doit jouer un rôle moteur dans leur mise en œuvre.

Hector Nammangue depuis Dubaï pour Vert-Togo

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