Mobiliser les communautés côtières autour de l’Accord BBNJ

Le Haut Conseil pour la Mer (HCM), avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a tenu, le 24 août 2026, un atelier national de sensibilisation autour de l’Accord relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, plus connu sous l’acronyme BBNJ.

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Au Togo, les communautés littorales et les acteurs de la société civile sont appelés à jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre de cet accord.

L’objectif était de partager le contenu de l’accord et de sensibiliser les acteurs concernés, notamment les communautés côtières, les autorités traditionnelles, la société civile et les médias, sur leur rôle dans sa mise en œuvre.

Les chefs traditionnels, des relais essentiels

Pour Togbui Mawuko Adéla Aklassou V, chef du canton de Bè, les autorités traditionnelles ont un rôle important à jouer dans la mobilisation des populations autour de l’accord BBNJ.

« La politique a toujours associé les chefs traditionnels au profit des populations. Cet atelier est à point nommé pour mobiliser nos communautés, surtout les sensibiliser sur les bienfaits de cet accord, qui se veut un outil pour le développement de notre pays à travers les communautés », a-t-il déclaré.

Le chef du canton de Bè assure que les autorités traditionnelles sont disposées à accompagner les pouvoirs publics dans ce processus, notamment à travers la sensibilisation et la mobilisation des communautés en vue de la ratification de l’accord.

« Nous voulons rassurer le Conseil de la mer et toute la communauté nationale et internationale que les chefs traditionnels soient aux côtés des plus hautes autorités de notre pays pour accompagner ce processus, surtout dans la mobilisation et la sensibilisation de nos communautés », a ajouté Togbui Mawuko Adéla Aklassou V.

Dans les zones côtières, cette mobilisation revêt une importance particulière. Les communautés entretiennent en effet des relations étroites avec la mer, dont elles dépendent notamment pour leurs activités économiques et leur subsistance.

Les communautés littorales au cœur du processus

Le Togo ayant signé l’accord BBNJ dès les premiers instants, la sensibilisation de tous les acteurs apparaît essentielle pour assurer sa mise en œuvre effective.

L’État, les institutions gouvernementales, la société civile, les communautés, les collectivités territoriales et les médias constituent ainsi des maillons essentiels du processus.

Pour Jean-Auguste Barthélémy Batieno, coordonnateur du projet WASOP3, l’implication des communautés littorales est indispensable à la mise en œuvre efficace du traité.

« On ne peut pas avoir un traité qui parle de la conservation durable de la biodiversité, même si c’est au-delà de la juridiction nationale, sans impliquer les communautés littorales », a-t-il expliqué.

Ces communautés sont directement en interaction avec la mer. Elles dépendent notamment des ressources marines pour leurs activités de pêche et leurs moyens de subsistance. Leur implication est donc jugée indispensable pour garantir une conservation durable des océans et de la biodiversité marine.

La sensibilisation vise à permettre aux populations de mieux comprendre le contenu de l’accord, ses attentes et les opportunités qu’il peut représenter pour le Togo, en tant que pays côtier.

La société civile, un relais essentiel

La société civile constitue également un acteur important. Elle sert de relais entre les communautés et l’État, en faisant remonter les préoccupations des populations et en contribuant à la mise en œuvre des actions sur le terrain.

« La société civile est un relais essentiel entre les communautés et l’État, pour pouvoir partager les préoccupations au niveau des communautés, mais aussi jouer un rôle de mise en œuvre de façon efficace », a souligné Jean-Auguste Barthélémy Batieno.

Selon lui, cette complémentarité entre l’État, les institutions publiques, les communautés et la société civile se trouve au centre des échanges de l’atelier. Il s’agit notamment de faire comprendre le contenu du traité, ses attentes et ce qu’il peut apporter au Togo en tant que pays côtier.

Cette approche repose donc sur une interaction entre l’État, les institutions publiques, les communautés et la société civile, avec pour objectif de faciliter l’appropriation du traité par les populations.

Une mobilisation appelée à s’élargir

Dans le Grand Lomé, notamment dans les zones côtières, des initiatives existent déjà autour de la protection de la biodiversité. Les acteurs souhaitent capitaliser sur ces expériences pour renforcer la mobilisation et partager les bonnes pratiques.

Les autorités traditionnelles entendent, de leur côté, utiliser leurs canaux de transmission pour toucher le plus grand nombre et contribuer à une meilleure compréhension du processus BBNJ.

Togbui Mawuko Adéla Aklassou V souligne également l’intérêt de partager les expériences entre les communautés du Grand Lomé et celles des autres zones côtières afin de renforcer les actions en faveur de la biodiversité.

Au-delà de la sensibilisation, l’enjeu est désormais de permettre aux communautés de comprendre leur rôle dans la conservation de la biodiversité marine et de participer pleinement à la mise en œuvre de l’accord.

Pour le Togo, cette implication des communautés littorales apparaît comme un levier important pour concilier la protection des océans, la préservation de la biodiversité et le développement durable des populations qui en dépendent.

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