Après l’autorisation donnée par l’Assemblée Nationale et le Sénat à la ratification de l’Accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), le Togo entre dans une nouvelle phase de son engagement pour la protection de la biodiversité marine. Pour le Dr Essowè Panassa, enseignant-chercheur, océanographe-physicien à l’Université de Kara et point focal national de la Commission océanographique intergouvernementale , l’enjeu est désormais de transformer cet engagement international en opportunités concrètes pour renforcer les capacités scientifiques et techniques du pays.
La ratification de l’Accord relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale marque une nouvelle étape pour le Togo. Signataire du texte depuis 2023, le pays se prépare désormais à rejoindre pleinement le cadre international de gouvernance de la haute mer. Le Sénat a autorisé sa ratification le 20 août 2026.
Pour Dr Panassa, cette évolution ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle de la protection de l’océan. Elle constitue également une opportunité pour le Togo de développer son expertise scientifique, renforcer ses capacités et accéder à de nouvelles possibilités de coopération et de financement.
Faire de la science un levier
L’Accord BBNJ, entré en vigueur le 17 janvier 2026, établit un cadre juridiquement contraignant pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les espaces situés au-delà des juridictions nationales. Il repose notamment sur les ressources génétiques marines, les outils de gestion par zone, les études d’impact environnemental et le renforcement des capacités et le transfert des technologies marines.
Pour Dr Panassa, ces différents mécanismes peuvent permettre au Togo de faire progresser la recherche sur les écosystèmes marins et côtiers, de renforcer les compétences nationales et de mieux intégrer la science dans les décisions relatives à l’océan.
L’enjeu est d’autant plus important que la mise en œuvre du BBNJ nécessitera des connaissances scientifiques solides sur les écosystèmes marins, les espèces et les pressions qui s’exercent sur eux.
Transformer la ratification en capacités nationales
Cette nouvelle étape intervient alors que le Togo cherche à consolider sa gouvernance maritime. Les travaux engagés à Lomé doivent notamment permettre aux différents acteurs de mieux comprendre les implications du traité et de préparer la participation du pays aux prochaines étapes de sa mise en œuvre.
Pour Dr Panassa, le véritable enjeu commence donc après la ratification : il faudra être capable de mobiliser les compétences, les données scientifiques, les technologies et les financements nécessaires pour que le Togo puisse effectivement tirer parti du nouvel accord.
Cette approche rejoint les priorités du West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP), mis en œuvre par l’UICN avec l’appui de l’Union européenne dans 13 pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Le programme accompagne notamment le Togo sur le renforcement des capacités institutionnelles, les aires marines protégées et la recherche.





