« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco systémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7e session plénière , qui s’est tenue du 29 Avril au 4 mai derniers à Paris en France.
Le président de l’IPBES, Sir Robert Watson a déclaré à cette réunion que les preuves accablantes contenues dans l’évaluation globale publiée par l’IPBES et obtenues à partir d’un large éventail de domaines de connaissances, présentent un panorama inquiétant.
« La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde. » Indique-t-il.
Le Togo n’étant pas exempt de cette extinction des espèces végétales, fait montre d’une récupération de ses aires protégées à des fins politiques. Et pourtant, le point essentiel de sa biodiversité constitue les aires protégées.
Selon un acteur de la société civile togolaise dont nous taisons le nom, « certains agents des Eaux et des Forêts par manque de formation ou par cupidité se servent de ce qui devrait être une fonction noble pour eux, pour se remplir les poches au dos de la Nature. et si l’on proposait une charte pour la lutte contre les changements climatiques avant, pendant et après les élections » averti-t-il.
Avant de poursuivre de plus belle « les populations traumatisées par les années de barrières protectionnistes et d’une gestion répressive entre 1960 et 1990 ne font plus confiance à la gestion dite « participative » prônée par le MEDDPN. Enfin, certains projets mal structurés creusent les plaies de la crise de confiance cas des incidents graves du projet PRAPT à Mango en 2015. »
En dépit des efforts de conservation de la biodiversité entrepris par le gouvernement togolais, à travers le programme de réhabilitation, les aires protégées continuent de subir des menaces de diverses natures, a indiqué le secrétaire général du ministère de l’environnement et des ressources forestières, Sama Boundjouw lors d’un atelier d’analyse, d’enrichissement et de validation du rapport de la stratégie nationale de rationalisation et de gestion des Aires Protégées (AP) du Togo
Et pourtant, le point essentiel de sa biodiversité constitue les aires protégées. la destruction des ressources forestières, le manque de pluies et qui par ricochet engendrent des impacts sur les changements climatiques qui se font dès lors très accrus.
« Le bol de maïs ou de riz que vous pourriez acheter à 1000F par exemple, vous allez l’acheter à 2000F, parce qu’une pluie a manqué et la récolte a été mauvaise. Ensuite, les produits que nous cherchons, les plantes médicinales dont nous avons besoin, on ne les trouve pas dans les zones banales. Si on arrive à détruire également les richesses des zones protégées, cela veut dire que les générations futures ont des problèmes. Il y a une dizaine d’années, la faune était abondante. Mais aujourd’hui, pour voir un gibier, il faut aller très loin. À cette allure, un jour, nos enfants iront en Occident pour voir un lièvre, sans même parler des grands mammifères comme les éléphants » explique le coordonnateur national du PRAPT, le Cdt Afoda Chamsoudine .
Pour l’Union mondiale pour la nature (L’UICN) la biodiversité est de plus en plus menacée et l’Homme est entièrement responsable de cette situation. La surexploitation et la perte d’habitat mettent la pression sur plusieurs espèces, tandis que la concurrence d’animaux et de plantes introduites parmi la faune et la flore représente une menace pour les autres. Pour plusieurs espèces, le changement climatique s’avère également être source de problèmes.
Selon les données compilées par le Réseau EAGLE TOGO, dans les années 90, les populations togolaises ont joué sur la crise politique, pour détruire la faune et la flore.
Beaucoup d’espèces emblématiques ont disparu, et aujourd’hui, toutes les procédures adoptées pour régénérer la faune et la flore sont restées sans suite. D’abord à cause de l’indifférence de la population, ensuite par une population très corrompue et aussi l’inertie des autorités et d’une société civile complice.
Les conséquences de cette dégradation des aires protégées sont entre autres : Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs.
Cependant à en croire, l’acteur de la société civile togolaise rencontrée par la rédaction de vert-togo.tg, des solutions existent tout de même notamment la prise de conscience de l’État et des acteurs politiques sur l’enjeu de l’extinction des espèces, la cessation de la politisation malsaine de la nature, la proposition aux partis politiques, une charte pour la préservation de l’environnement avant, pendant et après toutes élections, les techniciens et les acteurs des ONG doivent être plus patriotiques lorsqu’il s’agit d’agir pour la cause de « Dame Nature », renforcer l’éducation à l’environnement afin que la nouvelle génération soit plus écologiquement sensible en adoptant des attitudes éco citoyennes qui favorisent le maintien de la biodiversité.
Par ailleurs, continue-t-il, on peut organiser des campagnes de sensibilisation pour faire comprendre à chaque citoyen qu’une diminution drastique des espèces de la faune et de la flore est une menace pour la survie de chaque Togolais et donc de la nation tout entière.
Edem Kolani





