Pour tenter de maintenir le réchauffement à 1,5°C, il est urgent de s’attaquer au problème du financement des projets de combustibles fossiles par les agences de crédit à l’exportation (ACE ) afin de garantir un avenir durable et équitable pour tous. C’est le nouveau défi auquel se penche les Amis de la Terre Togo.
En atelier de sensibilisation sur les activités et aux impacts des agences de crédit à l’exportation avec les communautés, les organisations de la société civile et les media, le Directeur par intérim de l’ONG Les Amis de la Terre Togo Amegadze Kokou a indiqué qu’il convient de réorienter des investissements vers des projets d’énergie renouvelables, et l’adoption de politiques qui donnent la priorité à l’énergie durable.
« Il faudra renforcer les capacités des communautés, y compris des jeunes et des femmes, à faire campagne en faveur de la décarbonation des ACE ; mais egalement de mener un débat sur la signature de la déclaration de Glasgow et l’adhésion à l’alliance « Au-delà du pétrole et du gaz »»,a-t-il exprimé lors de sa présentation.

Aussi a-t-il ajouté « L’autre raison pour décourager les agences de crédit à l’exportation (ACE) des pays du G20 à ne plus fournir un soutien financier important aux projets liés aux combustibles fossiles. C’est de renforcer les capacités des groupes cibles à pouvoir mettre une pression accrue sur les gouvernements du Nord et du Sud pour qu’ils signent la déclaration de Glasgow et qu’ils s’engagent davantage lors de la COP28 sur l’élimination progressive des combustibles fossiles. »
Recourir aux énergies renouvelables
Toujours intraitable sur la question de la promotion des énergies renouvelables au Togo, l’Organisation de la société civile a également fait une communication sur l’intérêt d’utiliser les énergies renouvelables lors de l’atelier.
A en croire Cyrille Ameholomessan, Chargé Forêt et Biodiversité à Amis de la Terre Togo , cela fait des lustres, on a toujours fait usage des énergies classiques qui sont non renouvelables.
« Aujourd’hui, la tendance est vers les énergies renouvelables parce que le stock d’énergie non renouvelable est en train de s’épuiser. Et si on y prend garde, on sera à court d’énergie dans les années à venir. Donc c’est une idée vraiment géniale que les chercheurs ont pu mettre en place. C’est les nouvelles sources d’énergie qui nous permettent de pouvoir disposer de l’électricité, à tout temps, de l’énergie et en tout lieu. On parle actuellement de transition énergétique, c’est en fait de quitter les énergies classiques dans notre feuillage pour migrer vers les renouvelables. »,a-t-il détaillé.
Des études récentes ont mis en évidence l’ampleur de ce problème. Par exemple, le Natural Resources Defense Council a constaté qu’entre 2013 et 2016, les ACE du G20 ont fourni 38 milliards de dollars de financement public au charbon, alors que seulement 25 milliards de dollars ont été consacrés à des projets d’énergie renouvelable.
De même, Oil Change International a indiqué qu’entre 2016 et 2018, les ACE du G20 ont fourni en moyenne 40,1 milliards de dollars par an à des projets liés aux combustibles fossiles, y compris le charbon, le pétrole et le gaz.
Cette question est particulièrement préoccupante pour l’Afrique. Un soutien continu aux projets de combustibles fossiles pourrait conduire à un enfermement dans des infrastructures à forte teneur en carbone, à l’échec des actifs et à une aggravation de la pauvreté sur le continent. C’est pourquoi, depuis 2020, les partenaires africains, plus Milieudefensie et Both Ends travaillent ensemble à la décarbonation des ACE et à la promotion d’une transition énergétique juste et inclusive en Afrique.





