« Pourquoi parlons-nous de l’agroécologie ? Pourquoi la prêchons-nous dans les écoles aux élèves alors qu’ils ne sont pas des acteurs directs de l’agroécologie » La question, posée par Thomas Dossou, Coordinateur de projets à PLANÈTE PAYSANS TOGO, résume l’ambition du « Projet Écoles ».
Car pour lui, l’agroécologie ne doit pas rester une affaire de producteurs ou de spécialistes. Elle doit aussi être transmise à ceux qui construiront demain les systèmes agricoles et les modes de vie. Dans les écoles du Plateau-Ouest au Togo, le message commence donc à prendre racine.
À travers le « Projet Écoles », PLANÈTE PAYSANS TOGO sensibilise les élèves aux pratiques agroécologiques, à l’agroforesterie et à la préservation de l’environnement. Une manière de semer, dès le plus jeune âge, les connaissances et les réflexes nécessaires à une agriculture plus respectueuse des sols, de la biodiversité et du climat.
« Nous voulons que les enfants comprennent pourquoi il est important de protéger les sols, les arbres et l’environnement, et qu’ils puissent à leur tour porter ce message dans leurs familles et leurs communautés », explique Thomas Dossou.
Ainsi, dans ces établissements, l’agroécologie se transforme en véritable Évangile à transmettre : connaître, comprendre, pratiquer et surtout transmettre. L’objectif est clair : préparer dès aujourd’hui une génération capable de faire autrement l’agriculture de demain.
Selon lui, cette démarche répond à un enjeu de long terme. « Nous savons tous que le processus de changement est très lent. C’est pourquoi nous travaillons directement avec les adultes qui sont les agriculteurs, notamment à travers des plans agroforestiers. Mais, au même moment, pour assurer la relève, il faut déjà commencer à introduire cette notion d’agroécologie, d’agroforesterie et de préservation de l’environnement aux enfants dès le bas âge », explique-t-il.
De trois à sept écoles
Mis en œuvre à travers le Projet Écoles, le programme a démarré avec trois établissements dans la région du Plateau-Ouest. Il touche aujourd’hui sept écoles, avec l’ambition d’étendre davantage ses activités l’année prochaine.
« Il y a des demandes que nous n’arrivons pas à satisfaire », souligne Thomas Dossou.
Dans les établissements concernés, les élèves participent à des séances théoriques mais également pratiques. Des pépinières scolaires ont notamment été installées dans au moins deux écoles. Les plants produits avec les élèves sont ensuite distribués aux producteurs et aux familles. Certains élèves repartent également avec des plants fruitiers ou agroforestiers qu’ils replantent dans les champs de leurs parents.
De l’école aux champs familiaux
L’initiative permet ainsi de créer un lien entre l’école, les familles et les exploitations agricoles. Les élèves, qui viennent de différentes localités, deviennent eux-mêmes des relais du message sur l’agroécologie.
« Quand ils parlent de cela à leurs papas, ils ramènent les plants. On voit que notre action arrive déjà à toucher les adultes », témoigne le Coordinateur de projets.
Pour PLANÈTE PAYSANS TOGO, l’intérêt de cette sensibilisation ne se mesure donc pas uniquement à court terme. Les enfants sensibilisés aujourd’hui pourraient devenir demain des agriculteurs, des décideurs ou des responsables appelés à définir les politiques sectorielles.
« Tout ce qu’il apprend dès le bas âge, c’est lui qui est appelé à définir après les politiques sectorielles. S’il a déjà un penchant pour l’agroécologie, il est quand même appelé, lorsqu’il va prendre des décisions, à agir en faveur de l’agroécologie », estime Thomas Dossou.
Le Projet Écoles mise ainsi sur une transformation progressive des mentalités : agir aujourd’hui auprès des producteurs pour des résultats immédiats, mais aussi transmettre aux plus jeunes les bases d’une agriculture plus durable pour préparer les changements de demain.
À travers cette approche, l’école devient un véritable espace de diffusion de l’agroécologie, capable de faire voyager les connaissances de la salle de classe jusque dans les champs et les familles.





