Et si les communautés constituaient la solution face aux risques et catastrophes ?

À Addis-Abeba, les échanges autour de l’alerte précoce mettent en lumière un principe essentiel : les communautés ne doivent pas seulement être considérées comme des bénéficiaires des systèmes d’alerte, mais comme de véritables acteurs de la prévention et de la réduction des risques de catastrophes.

vert-togo2
vert-togo

Lors d’une plénière tenue ce jeudi 3 septembre 2026, Paul Moyo, coordonnateur de la gestion des catastrophes au Zimbabwe, a souligné l’importance de rapprocher les dispositifs d’alerte des populations exposées. Car, au-delà des technologies et des données scientifiques, l’efficacité d’une alerte se mesure surtout à sa capacité à atteindre les personnes concernées et à leur permettre d’agir à temps.

Dans de nombreux contextes africains, les communautés disposent déjà de connaissances précieuses sur leur environnement et les signes annonciateurs de certains risques. Leur implication peut donc contribuer à renforcer la surveillance locale, améliorer la circulation de l’information et faciliter la prise de décision avant, pendant et après une catastrophe.

L’enjeu est notamment de construire des systèmes de communication fiables, capables d’atteindre le « dernier kilomètre ». Radios communautaires, télécommunications, outils numériques et réseaux locaux peuvent être combinés pour diffuser rapidement des messages compréhensibles et adaptés aux réalités des populations.

Mais la technologie seule ne suffit pas. Une alerte précoce n’est véritablement efficace que lorsqu’elle débouche sur une action précoce. Les communautés doivent ainsi savoir quoi faire, où aller, qui alerter et comment protéger leurs moyens de subsistance.

L’intelligence artificielle peut également contribuer à cette transformation en améliorant l’analyse des données, la prévision des risques et la rapidité de diffusion des alertes. Elle devrait toutefois venir en appui aux dispositifs locaux plutôt que se substituer aux acteurs de terrain.

L’expérience du Zimbabwe et les échanges entre experts africains montrent ainsi que la réduction des risques passe par une approche plus inclusive : mieux connaître les risques, renforcer les systèmes d’alerte, mais surtout placer les communautés au cœur de la chaîne de prévention.

Par Hector NAMMANGUE depuis Addis Abeba (Ethiopie)  pour Vert-Togo

- Publicité -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

lire la suite

Articles récents