La qualité de l’air constitue un enjeu majeur pour la santé, l’environnement et le bien-être des populations. Au Togo, et particulièrement dans le Grand Lomé, la pollution atmosphérique s’impose comme un défi sanitaire et environnemental de premier ordre.
Elle est principalement liée à l’émission de microparticules et de gaz nocifs, notamment les oxydes de carbone, d’azote et de soufre, l’ammoniac, le méthane et divers hydrocarbures. Ces polluants affectent le système respiratoire et immunitaire, tout en contribuant au réchauffement climatique.

Selon l’Annuaire des statistiques sanitaires de 2021, les dépenses liées aux infections des voies respiratoires ont atteint 18,3 milliards de FCFA en 2019. En 2021, ces maladies représentaient la première cause de consultation dans le Grand Lomé et la deuxième au niveau national, avec 43 % des cas chez les enfants de moins de 5 ans.
L’OMS estime par ailleurs à plus de 8 000 décès prématurés par an au Togo liés à la pollution de l’air, qu’elle qualifie de « tueur invisible ».
C’est dans ce contexte que s’inscrit le Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), qui prévoit des études d’impact sanitaire, climatique et économique dans les cinq régions du pays, en intégrant les aspects genre. Une étude spécifique a été menée sur le Grand Lomé et la région Maritime, zones stratégiques à forte concentration démographique et économique.
Les résultats de cette étude sont examinés depuis ce jeudi 18 juin 2026, à l’occasion d’un atelier de validation réunissant les acteurs institutionnels, techniques et partenaires.
Selon Lantam Djeri Wake, coordinateur du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), « cette étude constitue une avancée majeure pour le pays, car elle permet pour la première fois d’établir des liens scientifiques entre les sources de pollution atmosphérique et leurs impacts sanitaires, climatiques et économiques ».

Il ajoute que « ces résultats doivent servir de base à des politiques publiques mieux ciblées », tout en appelant à « une appropriation collective afin d’intégrer les recommandations dans les stratégies de développement, de production et de consommation ».
Au-delà du diagnostic, le projet vise à renforcer la gouvernance environnementale et à encourager des comportements plus durables, afin d’améliorer durablement la qualité de l’air et protéger la santé des populations.
Par Kodjovi GATCHE





