Depuis août 2019 à octobre 2020, l’ONG Women Environmental Programme – Togo (WEP – TOGO) a mis en œuvre le projet « Appui aux Femmes Agricultrices en Gestion Durable et Efficiente des Terres » au profit des femmes agricultrices des régions maritimes et des plateaux.
En effet, les femmes agricultrices jouent un rôle très important en matière de sécurité alimentaire dans nos communautés, car l’agriculture est un élément fondamental du revenu de ces dernières.
Mais force est de constater que ces femmes agricultrices ne bénéficient pas réellement du fruit des efforts de leur travail dû aux défis climatiques dont elles font face. Ce qui amène beaucoup d’entre elles à avoir recours à une agriculture de subsistance. Comme contraintes, l’on peut citer : la fréquence des poches de sécheresse, la baisse de la productivité des terres due au déclin de la fertilité des sols, la faible capacité de maîtrise d’eau, l’amenuisement des moyens de subsistance, le faible accès aux semences améliorées, etc.
L’objectif global du projet consiste à renforcer la résilience des femmes rurales face au changement climatique pour une meilleure gestion des terres, afin d’assurer durablement leur développement économique.
Dans le but de capitaliser et de partager les acquis du projet, WEP-TOGO a organisé un atelier de capitalisation. Cet atelier s’est tenu du 04 au 05 novembre 2020 sur la ferme-école agroécologique « KEKELIVA » à Agou Nyogbogan dans la préfecture d’Agou.
Ont pris part à cet atelier de capitalisation les autorités locales (Représentant du Chef Canton de Nyogbogan, le CVD Vamatékpo, Chef Village Vamtékpo) ; les autorités administratives (Mairie Agou 1, Agence ICAT, les Directions Préfectorales de l’Environnement, Agriculture, Action Sociale Agou, Organisations de la Société Civile) et les femmes bénéficiaires du projet.
Le dit atelier de capitalisation a permis de ressortir les forces, les faiblesses et les leçons apprises tout au long des activités du projet.

Aussi a-t-il été l’occasion pour les femmes bénéficiaires de faire ressortir les bonnes pratiques agroécologiques réussies des expériences, dans la mise en œuvre du projet. Ces bonnes pratiques agroécologiques sont entre autres : l’utilisation du compost à base des substrats de champignon et à base de bouse de vache plus le mycotri, la technique de paillage, association des cultures (céréales et légumineuses), la rotation des cultures (les légumes feuilles, légumes fruits., et le traitement des semences et des plantes avec des produits phytosanitaires bio, la jachère améliorée, l’Agroforesterie (utilisation des plantes fertilisantes). En effet, les bonnes pratiques de restauration écologiques des terres ont permis de restaurer cinq (5) ha du total des parcelles collectif et cent cinquante (150) ha du total individuel.
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Ce fut également l’occasion de certaines femmes bénéficiaires de témoigner des impacts du projet sur leur activité.
Ainsi, Mme AFELIKE Julienne, Présidente du groupement MIDEZON a indiqué que grâce à ce projet et aux formations réussies, leurs parcelles cultivables ont été restaurées ce qui a permis d’augmenter leurs revenus.
« Avant quand on semait le maïs, on enregistrait assez de pertes et le rendement était faible. Mais suite à l’utilisation du compost et le traitement des semences avec Mycotri, nos maïs germent bien et les attaquent des insectes et autres ravageurs ont diminué. Aussi, avec les parcelles dont nous avons bénéficié sur le la ferme-école, nous pouvons maximiser nos cultures maraîchères et les cultures contre saison car il ya abondamment de l’eau et un système d’irrigation goutte à goutte très performent. Nos revenus ont augmenté et nous avons toujours à manger dans notre famille », a-t-elle déclaré.
Pour Mme KLUTSE Essi, Présidente du groupement PERSEVERENCE grâce à la formation sur l’élevage traditionnel amélioré de poules et des géniteurs reçu, cela lui a permis d’avoir une seconde activité génératrice de revenu en plus du maraîchage qu’elle fait.
« Avec cette nouvelle activité j’arrive à payer la scolarisation de mes enfants. Je suis très contente d’avoir bénéficié de toutes ces formations et je remercie WEP-TOGO et PISCCA « , se réjouit-elle.
L’atelier a également permis aux autorités locales et administratives de dire qu’elles joueront leur partition dans le suivi des activités des femmes et leurs recommandations pertinentes pour la continuité et la durabilité des actions au profit des femmes.
« Au cours de ce projet, les coopératives de femmes ici présentes ont bénéficié de diverses formations sur : les bonnes pratiques de restauration écologiques des terres, l’élevage traditionnel amélioré, formation en hygiène et qualité lors de la transformation de produits agricoles en ces différents ateliers. Elles ont également bénéficié des dotations des volailles géniteurs, des matériels de production agricole et d’unité de transformation agricole notamment le manioc. L’objectif en question consiste à appuyer ces groupements de femmes agricultrices à diversifier leurs activités économiques. », a indiqué Mme ACAKPO-ADDRA S. Essivi , Directrice Exécutive de WEP-TOGO.
Avant d’ajouter « aujourd’hui, nous sommes à la fin de la mise en œuvre du projet, et WEP-TOGO a jugé donc important de partager avec les acteurs de développement que nous sommes, les résultats issus du projet. »
Les activités menées par l’ONG WEP-TOGO
Pour la bonne mise en œuvre du projet, plusieurs activités ont été menées à savoir : les rencontres et échanges avec les autorités locales et les bénéficiaires sur le projet, la mise en place de l’unité de gestion et du comité de suivi du projet, l’installation d’une ferme-école pour renforcer les capacités des femmes en GDT, l’organisation de cinq sessions de formation à 205 femmes sur les bonnes pratiques de restauration écologiques des terres et de GDT, la formation des femmes éleveurs en élevage traditionnel amélioré, la formation de 50 femmes transformatrices de produits agricoles en hygiène et qualité, l’appui de 24 femmes en élevage de poules locales améliorées, l’appui à l’amélioration de la transformation des produits agricoles par la mise en place d’une unité de transformation du manioc pour les femmes de la localité du site/ferme-école, la dotation de géniteurs améliorés de volailles et matériels d’élevage à 24 femmes éleveurs, la mise en place d’une unité de production de compost, la mise en place d’un système d’irrigation goutte à goutte, la création d’une boutique bio à Lomé des produits agricoles biologiques à travers des commandes et livraison sur une plate-forme en ligne ou téléphonique, la communication, suivi- évaluation et capitalisation des acquis du projet.
En résumé le projet a permis l’amélioration des rendements agricoles des femmes bénéficiaires suite à l’utilisation des bonnes pratiques de restauration écologique des terres. Elles ont également augmenté leurs sources de revenus à travers une seconde activité génératrices de revenus. Ce projet a donc permis aux femmes bénéficiaires d’être autonomes financièrement et donc de participer aux différentes charges au sein de leur famille. Cela a facilité leur insertion dans la communauté et a réveillé leur sens de leadership.
Il faut noter que le projet « Appui aux Femmes Agricultrices en Gestion Durable et Efficiente des Terres » de l’ONG WEP-TOGO débuté en Août dernier, a reçu l’appui financier de la Fondation la France s’Engage (FFE) et de l’Ambassade de France au Togo à travers le projet PISCCA 2019.





