One Health Summit 2026 : Un appel à l’action contre la résistance aux antibiotiques

En prélude au sommet mondial de Lyon (France) consacré à l’approche One Health, prévu ce mardi 7 avril 2026 , le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), en partenariat avec Galien Africa, a organisé un webinaire le 3 avril dernier. Cette rencontre placé autour du thème « De la déclaration à l’action : vers des systèmes intégrés santé-environnement-nutrition, pour répondre aux crises globales » a réuni experts et acteurs du secteur autour des défis liés à la santé globale, notamment la résistance aux antibiotiques et la nécessité d’innovations adaptées aux réalités africaines.

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Intervenant à cette occasion, le Professeur Cheikh Mbow spécialiste en télédétection, SIG et changement climatique, ainsi que directeur général du Centre de suivi écologique (CSE) de Dakar, au Sénégal a insisté sur l’urgence de renforcer l’information et la sensibilisation pour un usage approprié des antibiotiques.

Il a notamment alerté sur les pratiques à risque observées dans le domaine de l’élevage. « Nous avons malheureusement constaté que l’utilisation inappropriée des antibiotiques chez les volailles et les animaux accroît la résistance », a-t-il déploré, soulignant une menace croissante pour la santé publique mondiale.

Face à cette situation, il a plaidé pour une approche concertée impliquant à la fois les professionnels de santé humaine et animale. « En travaillant ensemble, vétérinaires et médecins ont de réelles chances de réussir les actions de sensibilisation », a-t-il affirmé. Cette dynamique collaborative s’inscrit pleinement dans l’approche One Health, qui promeut une vision intégrée de la santé reliant l’homme, l’animal et l’environnement.

Au-delà de cette problématique, le Directeur général du Centre de suivi écologique (CSE) a également mis en avant l’importance de promouvoir des innovations dites « frugales », c’est-à-dire des solutions accessibles, peu coûteuses et adaptées aux contextes locaux. Selon lui, ces innovations doivent être le fruit d’une co-construction entre les universités et les acteurs de terrain. « Les universités ne doivent plus mener des recherches isolées de la réalité des pays. Elles doivent travailler avec les producteurs et les praticiens pour développer des outils utiles, appropriés et abordables », a-t-il expliqué. Une orientation qui permettrait de mieux répondre aux besoins concrets des populations.

Le professeur a toutefois pointé un défi majeur : le manque de diffusion des innovations existantes. « Nous avons documenté de nombreuses innovations qui restent méconnues, alors même qu’elles pourraient intéresser fortement les décideurs », a-t-il regretté, appelant à une meilleure valorisation et à une mise à l’échelle de ces solutions.

Dans cette dynamique, il s’est voulu optimiste quant aux perspectives de collaboration entre le monde académique et les acteurs de terrain, saluant notamment les parcours hybrides alliant pratique et recherche. À l’approche du rendez-vous de Lyon, ces échanges viennent rappeler l’urgence d’agir de manière coordonnée et innovante pour faire face aux défis sanitaires actuels. Entre lutte contre la résistance aux antibiotiques et promotion d’innovations accessibles, l’approche One Health apparaît plus que jamais comme une voie stratégique pour un avenir durable.

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