Meilleur Entrepreneur Rural 2019 au Togo Top Impact, Dr AGBALENYO Kossi compte renforcer ses actions en faveur d’un groupe social controversé

Le verdict est tombé le samedi 30 novembre 2019 à l’hôtel du 2 février à Lomé. Au lendemain de son élection, vert-togo.tg s’est approché de lui pour connaître son plan d’action à  moyen et à long terme.

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Le biologiste environnementaliste devenu un agronome de terrain pense : créer un réseau national  de fabricants d’ alcool traditionnel Sodabi (communément appelé malafoutier)  pour faire connaitre cette vieille technologie traditionnelle, mobiliser les moyens financiers pour récompenser en équipements modernes, les plus réceptifs à l’innovation, améliorer l’image des malafoutiers, faire reconnaître cette activité dans les chaines de valeur agricole au Togo.

De fait, le chevronné scientifique compte mener des campagnes de sensibilisation sur les avantages de l’utilisation de l’alcool gélifié dans les ménages et le rendre disponible dans tous les marchés du Togo et ménages comme les produits de première nécessité ( allumette, piment, sel…) 

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À en croire le biologiste environnementaliste de Tsévié  , les fabricants de l’alcool local appelé Sodabi détiennent l’une des plus vielle technologies traditionnelles, mais force est de constater qu’aucun projet de développement ne s’intéresse à ce secteur d’activité. 

« Les malafoutiers  font l’objet de harcèlement et de poursuite de la part des forces de l’ordre à cause des nombreux dégâts de santé attribués de nos jours au Sodabi. D’autre part, la production du Sodabi devient un facteur important de destruction de l’environnement. D’après les estimations des praticiens, un seul malafoutier abat entre 500 et 1000 palmiers à huile par an. Selon des données compilées ,  les préfectures de Zio, Vo, et Yoto contiendraient plus de 4.000 malafoutiers en activité, ce qui équivaut à   2.000.000 voire  4.000.000 de palmiers à huile abattus chaque année. En plus, cette belle science de nos parents est en train de perdre ses références et repères. » , nous raconte t-il.

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Avant de préciser  « Et dans le souci d’avoir de plus grandes quantités de boissons, la tête de distillation riche en méthanol (produit très toxique pour le nerf optique, le cerveau et le foie) autrefois utilisé pour faire le feu et conserver les corps est aujourd’hui ajoutée à la boisson par certains acteurs. Cette pratique fait perdre au Sodabi sa valeur de noblesse d’autrefois et est à la base de tous les problèmes de santé attribués, l’élixir de nos aïeux. Notre projet compte réduire l’ impact négatif de cette activité sur l’environnement et la santé des populations. »

Des solutions proposées

Le lauréat propose aux malafoutiers l’utilisation du manioc à la place du palmier à huile pour la production du Sodabi. 

« Une fois cette utilisation faite, nous récupérons systématiquement leur tête d’alcool pour faire du biocarburant ou du bioéthanol gélifié (alcool gélifié) pour faire le feu. Nous récupérons aussi une partie de l’alcool, qui est redistillée  avec un équipement moderne, pour donner l’alcool pharmaceutique. Les résidus ou déchets de distillation sont utilisés pour le compostage afin de fertiliser les champs de manioc. Il importe de rappeler que nous produisons aussi directement l’alcool gélifié à partir des épluchures de manioc issues des unités de transformation de manioc en farine, installées dans les villages… Notre activité ne rejette aucun déchet dans la nature, tout est recyclé. », narre t-il.

La production de l’alcool gélifié pour le feu à partir du manioc ou des déchets de manioc et concomitamment avec la production de Sodabi, et de l’alcool pharmaceutique, est une approche innovante et durable. 

Ce projet constitue selon le Dr un grand débouché pour les paysans surtout que la matière première (manioc) est cultivée abondamment au Togo et couvre largement les besoins (400 000 tonnes d’excédent durant la campagne 2018-2019 d’après le rapport du ministère de l’Agriculture, de la Production Animale et Halieutique). 

« Cela permettra de développer des chaînes de valeur sûres   , sources d’emploi », indique l’heureux élu de Togo Top impact 2019.

Et de renchérir « Mon projet constitue une approche de solution pour l’un des problèmes environnementaux majeurs dans le pays. En effet, au Togo comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne, la production du bois de chauffe et du charbon de bois pour les ménages, reste la cause majeure de la déforestation selon les études menées par l’Organisation Internationale des Bois Tropicaux  (OIBT) en 2010. On estime à plus de 600 000 tonnes la quantité de charbon de bois consommés chaque année au Togo. L’introduction du bioéthanol gélifié ou gel d’alcool comme combustible dans les ménages est une approche innovante, appropriée et durable. En effet l’utilisation du gel d’alcool ne présente aucun risque d’incendie pour les ménages. En outre sa combustion n’émet pas de gaz à effet de serre, et peut réduire de façon significative la demande en charbon de bois, et donc la déforestation, tout en créant une impulsion économique locale. Il permettra de lutter contre la désertification, et le changement climatique qui font partie des priorités du PND et du MIFA. »

« Les malafoutiers  constituent un partenaire clef pour nous dans cette aventure puisqu’ ils maîtrisent plus ou moins la technique de distillation de l’alcool. Il est simple de les organiser en groupement, de les donner des petites orientations sur la production de l’alcool primaire qui servira de base pour le bioéthanol dans notre usine, les aider à avoir des équipements modernes à travers le mécanisme MIFA. Ils pourraient contribuer légalement à l’économie nationale. », indique t-il.

Pour rappel, M. AGBALENYO Kossi se bat depuis plus de 20 ans à travers l’ONG AGIDE à développer chez les populations togolaises une conscience écologique forte qui se concrétise par des modes de vie et d’exploitation qui respectent et préservent la richesse et l’intégrité des écosystèmes, et des ressources naturelles. Pour y arriver, l’ONG AGIDE cible les populations les plus démunies et celles dont les activités ont des répercussions négatives fortes sur l’environnement (chasseurs, bûcherons, charbonnier, herboristes…) , elle les accompagne dans leurs efforts quotidiens, les amène à l’évidence des impacts négatifs de leurs activités sur l’écosystème. Elle leur suggère de nouvelles activités, de nouvelles techniques ou technologies de travail, les aide à s’organiser en petits groupes formels au sein desquels elle véhicule mieux ses enseignements et ses assistances.

L’ONG AGIDE initie la jeunesse à l’esprit de l’auto emploi par les AGR soucieuses des impératifs écologiques. Elle développe chez les étudiants, l’esprit entrepreneuriale surtout dans le domaine agropastoral et agro-industriel et les aide à se prendre en charge à la fin des études par des projets agricoles sûrs.

Parmi les jeunes entrepreneurs qui sont passés par les mains de Mr AGBALENYO, on peut citer le promoteur du vin de fruit N’KRNA, le promoteur des boissons CHAMPISO, le promoteur des produits diététiques CHAMPI-NONI.

En plus de ses fonctions de Coordinateur de ONG AGIDE, Mr AGBALENYO est lui-même le Directeur Général de société produisant des complémentaires alimentaires appelé CHAMPIMIX et des produits phytosanitaires écolo à base de champignons connus sous le nom de Champigrow.

 

Kofi Meser

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