L’eau, ressource vitale et bien commun, doit être gérée de manière rigoureuse et publique afin de garantir un accès équitable, protéger les écosystèmes et renforcer la résilience face aux effets du changement climatique. C’est le message porté par le Centre pour la Justice Environnementale (CJE) lors d’une conférence de presse ce jeudi 16 octobre 2025 à Lomé.
La privatisation de l’eau au Togo soulève de nombreux enjeux à la fois économiques, sociaux et environnementaux. Dans un contexte où de nombreuses zones rurales peine encore à disposer d’eau potable, confier la gestion de l’eau au secteur privé pourrait creuser les inégalités entre les régions urbaines rentables et les localités défavorisées, souvent jugées peu attractives économiquement.
« Les entreprises privées cherchant avant tout la rentabilité pourraient privilégier les zones rentables et négliger les communautés éloignées, notamment rurales », explique Kwami Kpondzo, Directeur Exécutif de CJE.
Le Code de l’eau, adopté par la loi n°2010-004 du 14 juin 2010, promeut le traitement équitable de toutes les catégories sociales de la population vis-à-vis de l’eau, incluant le droit d’accès à l’eau pour tous et l’équité dans sa répartition. « Si une ouverture au secteur privé doit être envisagée, elle devrait se faire sous forme de partenariats équilibrés avec les règles claires garantissant la transparence, la qualité du service et la protection des usagers », souligne Kwami Kpondzo.
Pour le CJE, la marginalisation de l’accès à l’eau compromet non seulement l’accès équitable, mais elle affaiblit également la capacité des États et des communautés à répondre efficacement aux risques climatiques, aussi bien à court qu’à long terme.
Les opérateurs privés privilégient le profit au détriment de la résilience et négligent les investissements dans les communautés jugés économiquement non rentables.
Cette approche complique l’intégration des systèmes d’approvisionnement en eau dans les stratégies plus larges d’adaptation aux changements climatiques.
Les inondations, sécheresses, élévation de températures, perturbation des précipitations, conséquences des dérèglements climatiques, sont des indicateurs forts qui obligent à une gestion efficace et démocratique des ressources en eau.
« La privatisation de l’eau est à éviter absolument. Les systèmes d’approvisionnement en eau, lorsqu’ils sont démocratiques et contrôlés par le pouvoir public et solidement financés, sont essentiels pour protéger la vie, garantir les moyens de substance et assurer la résilience face aux changements climatiques », a conclu le Directeur Exécutif de Centre pour la Justice Environnementale.
Par Akissa YOTOU ASSENOUWE





