Une étude scientifique publiée le 29 juin 2026 par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), l’Alliance de Bioversity International et du Centre International d’agriculture Tropicale (CIAT), et l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) identifie des technologies capables de produire plus de poisson, de résister au changement climatique et de réduire l’impact environnemental. Mais leur adoption reste le principal défi.
En Afrique de l’Ouest et du Centre, les secteurs de la pêche et de l’aquaculture sont à un tournant. La dégradation des écosystèmes aquatiques et la multiplication des événements climatiques extrêmes menacent la sécurité alimentaire de millions de personnes. Publiée dans la revue scientifique Frontiers in Sustainable Food Systems, une étude cosignée par le CORAF, l’Alliance de Bioversity International et du CIAT et l’ITRA a passé en revue 90 travaux scientifiques pour identifier les technologies les plus prometteuses. Le résultat est clair : les solutions existent.
Des technologies qui combinent rendement, résilience et écologie
Parmi les innovations les plus performantes, l’étude distingue les systèmes aquacoles multitrophiques intégrés (IMTA), où plusieurs espèces sont élevées ensemble et les déchets des unes nourrissent les autres. Ils obtiennent le meilleur score climatique de l’étude.
S’y ajoutent la technologie Biofloc, qui transforme les déchets organiques en protéines grâce à des micro-organismes, les systèmes en recirculation (RAS), l’aquaponie et l’intégration agriculture-aquaculture. Ces innovations reposent toutes sur une même logique : l’économie circulaire.
Selon le Dr Esaïe KPADONOU, expert au CORAF et co-auteur de l’étude, ces technologies « constituent les options les plus prometteuses pour construire une économie bleue résiliente dans la région »
Son collègue Dr Komla Kyky GANYO, expert en écologie et agroforesterie, est encore plus direct : « Le potentiel est immense ; le vrai défi n’est plus de l’inventer, mais de le mettre entre les mains des producteurs. »
Un déficit d’adoption, pas de technologie
Malgré leur efficacité démontrée, ces innovations restent peu déployées sur le terrain. Coûts élevés, accès limité au financement, manque de formation et cadres institutionnels fragmentés freinent leur adoption. Les systèmes RAS, par exemple, nécessitent des investissements initiaux importants et une alimentation énergétique stable.
Les auteurs recommandent aux gouvernements africains d’intégrer ces technologies dans leurs politiques nationales d’adaptation, de mobiliser des financements climatiques et d’investir dans les énergies renouvelables pour en réduire les coûts.
Pour le Dr Niéyidouba LAMIEN, gestionnaire de programmes au CORAF et co-auteur : « Les pays disposent désormais d’une feuille de route claire. En réunissant les bonnes conditions politiques, financières et institutionnelles, l’Afrique de l’Ouest et du Centre peut faire de ses systèmes alimentaires aquatiques un levier de nutrition, d’emplois et de souveraineté alimentaire. »
Par Emile AZIAMBLE | Journaliste stagiaire, Vert Togo





