Des résidus de pesticides dans le lait maternel

La présence de résidus de pesticides dans le lait maternel n’est plus un sujet abstrait. C’est une réalité évoquée par le Professeur Aboudoulatif Diallo, enseignant-chercheur en toxicologie à la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Lomé, lors de sa communication intitulée « Résidus de pesticides dans les fruits et légumes au Togo : risques sanitaires et mesures de prévention », présentée dans le cadre du colloque scientifique consacré à la transition alimentaire et aux enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest.

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Selon le chercheur, cette situation s’explique notamment par la rémanence de certains pesticides : ils peuvent rester longtemps dans l’environnement avant de se dégrader. Ils peuvent ainsi contaminer l’eau, les aliments et les végétaux, avant d’exposer les populations.

Des pesticides qui persistent pendant des années

L’autre préoccupation soulevée concerne la persistance de certains pesticides dans l’environnement et dans l’organisme humain.

Certains produits peuvent en effet rester présents dans l’environnement pendant plusieurs années avant de se dégrader. Ils peuvent contaminer les sols, l’eau et les aliments, exposant ainsi indirectement les populations.

Le cas du DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) a notamment été cité comme exemple. Utilisé massivement dans le passé, notamment dans la lutte contre le paludisme dans les années 1970 et 1980, ce pesticide est connu pour sa forte persistance dans l’environnement. Selon le chercheur, des études menées dans certains pays de la sous-région, notamment au Sénégal, ont montré que des résidus de DDT étaient encore présents dans le lait maternel plusieurs décennies après son interdiction.

Cette situation illustre, selon le chercheur, la capacité de certains pesticides à persister dans l’environnement et à s’accumuler dans l’organisme.

Le problème ne s’arrête donc pas à l’exposition de la mère. Lorsque des résidus de pesticides sont présents dans son organisme et passent dans le lait maternel, le nourrisson peut à son tour y être exposé pendant l’allaitement.

Le chercheur souligne ainsi que certains pesticides peuvent « durer dans l’environnement » et également persister dans l’organisme. Le DDT constitue, à ses yeux, un exemple particulièrement préoccupant de cette capacité à persister dans le temps.

Sensibiliser pour mieux protéger l’allaitement

Face à cette situation, le spécialiste insiste sur l’importance de la sensibilisation. Il appelle notamment les médias à informer davantage les populations sur les risques liés à l’utilisation de pesticides interdits ou mal utilisés.

L’enjeu est de réduire la contamination à la source afin de protéger les femmes, mais aussi les nourrissons qui dépendent du lait maternel durant leurs premiers mois de vie. Le contrôle des produits interdits, notamment aux frontières, et le respect de la réglementation apparaissent ainsi comme des mesures essentielles.

La présentation rappelle finalement que la question des pesticides ne concerne pas uniquement les agriculteurs ou l’environnement : elle peut aussi toucher l’alimentation du nourrisson à travers le lait maternel.

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