Dans une dynamique de transformation durable des systèmes agroalimentaires, le gouvernement togolais, avec l’appui technique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a lancé ce mercredi 30 juillet 2025 à Atakpamé, un atelier national de formation des formateurs sur le genre et les changements climatiques.
Organisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités nationales et régionales pour une gestion efficace des risques climatiques au Togo », financé par le Fonds vert pour le climat (GCF) et mis en œuvre par la FAO en étroite collaboration avec le Ministère de l’Environnement et des Ressources forestières (MERF), cet atelier de formation des formateurs constitue un cadre d’échange et de partage entre 35 points focaux genre des ministères et des institutions de la République.
Les experts de l’équipe genre de la Division de la transformation rurale inclusive et de l’égalité des genres (ESP) du Siège de la FAO apportent un soutien technique au Togo au cours de cet atelier national.

Outils d’analyse genre et d’intégration des changements climatiques
Le focus de la formation a porté sur la prise en main des outils d’intégration du genre et des changement climatiques. Une phase de terrain a permis aux points focaux genre de tester dans les communautés rurales de la région des plateaux divers outils à savoir (i) l’horloge des activités journalières, (ii) l’arbre de l’équilibre entre les genres, (iii) la matrice de prise de décisions, (iv) la matrice d’analyse des capacités et des vulnérabilités d’adaptation au changement climatique, (v) le diagramme de l’accès genré aux services et informations climatiques.
Chacun des outils a permis aux participants d’illustrer l’inégalité des charges de travail et de mettre l’accent sur l’importance du travail des femmes tenant compte des chocs climatiques dans les communautés vulnérables.

Selon Madame Sisto Ilaria, Experte genre et développement de la FAO, ces outils permettent d’analyser le partage équitable des responsabilités domestiques intégrant les facteurs climatiques qui constituent des pesanteurs pour la productivité et la rentabilité des ménages ruraux.
Intégration du genre en réponse aux risques et vulnérabilités climatiques suivant l’approche de formation des formateurs
A travers le diagramme de l’accès genré aux services et informations climatiques, les participants ont identifié les principaux acteurs impliqués dans la prestation de service climatique spécifique (irrigation, semence améliorée, etc.) dans les communautés locales.

Pour Dr Djiwa Oyétoundé, Chargé de Programme de la FAO Togo, l’intégration du genre est une exigence stratégique. « L’intégration du genre dans les réponses climatiques est une nécessité. Le changement climatique accentue les inégalités entre les sexes, en particulier pour les femmes en milieu rural. Les politiques sectorielles ignorent encore ces disparités. Cette formation de formateurs à l’endroit des points focaux genre de l’ensemble des ministères et des institutions de la République est une réponse concrète à ce défi. »

De son côté, Dr Atutonu Amah Epse Kueviakoe, Directrice des Ressources forestières, a souligné la portée multiplicatrice de l’approche formation des formateurs (FdF) : « Chaque participant devient un agent de changement dans son institution et sa communauté. Cet atelier marque un tournant dans le renforcement des capacités nationales sur le genre et le climat. »
Expertise internationale pour une adaptation équitable et durable
En dotant les ministères sectoriels et les institutions de la République de compétences renforcées, cette formation des formateurs soutient la planification à long terme en vue de répondre aux vulnérabilités sous-jacentes des populations, et constitue une approche qui permet de renforcer et de valoriser les capacités locales.

Cette formation active la création d’un réseau opérationnel de points focaux genre à l’échelle nationale et régionale, capable de porter une action coordonnée, inclusive et efficace. Elle s’inscrit dans la vision du Togo, celle d’un développement bas carbone et résilient face aux changements climatiques.
Par Jean Marc Valère notre correspondant à Atakpamé





