Grippe aviaire : les plateaux d’œufs, un risque sous-estimé

Un simple plateau d’œufs pourrait-il contribuer à la propagation de la grippe aviaire d’un élevage à un autre ? La question mérite d’être posée, alors que les acteurs de la filière avicole sont appelés à renforcer les mesures de biosécurité.

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Pour le Dr Akakpo Issola, chef division Santé animale à la Direction des services vétérinaires, la circulation et la réutilisation des plateaux d’œufs constituent l’un des comportements auxquels les éleveurs et les commerçants doivent particulièrement prêter attention.

« Vous ne savez pas d’où l’éleveur ou bien le commerçant a amené ce plateau. Peut-être qu’il l’a amené dans une autre ferme », a expliqué le spécialiste ce lundi à Tabligbo.

Dans le commerce des œufs, les plateaux sont souvent réutilisés et peuvent circuler entre plusieurs acteurs. Pour le Dr Akakpo Issola, cette pratique mérite une attention particulière dans le cadre de la prévention de la grippe aviaire.

Un plateau provenant d’un élevage potentiellement contaminé peut, selon lui, devenir un moyen de transporter des agents infectieux vers un autre élevage. Le risque réside donc dans la circulation de ces supports sans précautions sanitaires suffisantes.

Cette situation illustre, selon le spécialiste, l’importance de la biosécurité, qui consiste notamment à empêcher les maladies d’entrer dans les exploitations et à limiter leur propagation.

L’hygiène au cœur de la prévention

Au-delà des plateaux d’œufs, le Dr Akakpo Issola appelle les éleveurs à renforcer l’hygiène dans les fermes. L’accès aux exploitations doit notamment être contrôlé et les personnes autorisées à y entrer doivent respecter des mesures de protection.

Le port de bottes et le respect des règles d’hygiène font partie des précautions recommandées.

« Il faut vraiment se protéger, il faut porter les bottes, il ne faut pas rentrer sans pieds-du-livre », a-t-il insisté, appelant à davantage de formation des éleveurs et de sensibilisation des populations.

Attention également aux canards

Autre facteur de risque évoqué : la cohabitation entre différentes espèces de volailles. Le spécialiste déconseille notamment d’élever les canards à proximité des poules.

Selon lui, les canards peuvent être porteurs du virus sans présenter de signes apparents de maladie et contribuer ainsi à contaminer d’autres volailles.

« Les canards sont des porteurs sains. Ils ont la maladie mais ça ne se manifeste pas », a-t-il expliqué.

Renforcer la sensibilisation

Pour le chef division animal, la prévention de la grippe aviaire passe donc par une meilleure connaissance des risques au sein de toute la chaîne avicole.

Éleveurs, commerçants et populations doivent être davantage sensibilisés aux bonnes pratiques d’hygiène et de biosécurité. La circulation du matériel entre les exploitations, l’accès aux fermes et la cohabitation entre différentes espèces sont autant de points qui nécessitent une vigilance accrue.

Pour le Dr Akakpo Issola, l’enjeu est désormais de mieux gérer une maladie qu’il considère comme durablement présente dans le pays, afin de réduire les cas et surtout d’éviter sa propagation.

Un simple plateau d’œufs rappelle ainsi que, dans la lutte contre la grippe aviaire, la biosécurité commence aussi par des gestes qui peuvent paraître anodins.

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