À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’Association Galien Africa a organisé, le mercredi 11 mars 2026, un webinaire placé sous le thème : « Leadership des femmes en santé mondiale : influence stratégique sur les politiques publiques, justice sociale et modèles innovants de financement dans un contexte de ressources limitées ».
Cette rencontre virtuelle a réuni des experts, des professionnelles de santé et des acteurs engagés autour d’un objectif commun : renforcer le leadership féminin dans la gouvernance sanitaire mondiale et promouvoir des solutions durables pour améliorer l’accès aux soins, notamment pour les femmes et les filles.
Plaidoyer pour des politiques publiques sensibles au genre
Parmi les intervenants, le Dr Michel Yao, représentant de l’Organisation mondiale de la santé au Sénégal, a insisté sur la nécessité de replacer la justice sociale au cœur des politiques de financement de la santé.
Selon lui, les États doivent avant tout maximiser leurs ressources nationales et faire des choix stratégiques dans l’allocation des budgets publics. Il a notamment cité l’exemple du Cap-Vert, qui consacre environ 13 % de son budget national à la santé, ou encore celui de la Sierra Leone, qui investit 25 % de son budget dans l’éducation.
« Ces exemples montrent que le leadership politique se manifeste déjà dans la manière dont les pays choisissent de répartir leurs ressources. Il s’agit en réalité de prioriser la justice sociale et la santé des populations », a-t-il souligné.
Le Dr Michel Yao a également évoqué la possibilité d’explorer des mécanismes fiscaux innovants, notamment les taxes sur l’alcool, le tabac ou encore les produits sucrés, afin de mobiliser davantage de ressources pour financer les systèmes de santé.
Au-delà des ressources nationales, il a également abordé la question cruciale de la dette publique, qui constitue un frein majeur pour de nombreux pays en développement. Il a ainsi plaidé pour une restructuration de la dette, permettant de libérer des ressources destinées aux investissements dans la santé et dans l’autonomisation économique des femmes.
Dans cette dynamique, il a également évoqué des mécanismes de financement innovants tels que les fonds de jumelage, déjà utilisés par certaines institutions internationales comme le Fonds des Nations unies pour la population avec l’appui de la Banque mondiale, afin de mobiliser davantage de capital en faveur des systèmes de santé.
La santé des femmes, un moteur de développement
Intervenant également lors du webinaire, la Professeure Fatou Samba Ndiaye, présidente de l’Association des Femmes Médecins du Sénégal, a quant à elle mis l’accent sur l’importance d’influencer l’arbitrage budgétaire en faveur de la santé des femmes.
Selon elle, les politiques publiques doivent intégrer une budgétisation sensible au genre, permettant d’analyser chaque ligne budgétaire du secteur de la santé en fonction de son impact sur les femmes et les filles.
« Il est essentiel de plaider pour que chaque ligne budgétaire en santé soit analysée sous l’angle de son impact sur les femmes et les filles. Cela permettra d’améliorer le diagnostic précoce et l’accès aux soins, notamment pour les cancers féminins », a-t-elle expliqué.
La Professeure Fatou Samba Ndiaye a également insisté sur la nécessité de démontrer le retour sur investissement dans la santé des femmes. Selon elle, investir dans la santé des femmes contribue directement à la stabilité sociale et à la croissance économique. « Soigner une femme, c’est stabiliser une famille et renforcer une économie », a-t-elle affirmé.
Renforcer le plaidoyer collectif et les alliances régionales
La présidente de l’Association des Femmes Médecins du Sénégal a également mis en lumière le rôle stratégique des associations professionnelles dans la transformation des politiques publiques.
Elle a notamment évoqué un atelier national de plaidoyer organisé récemment pour renforcer la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV), avec pour objectif d’atteindre 90 % de couverture vaccinale chez les filles âgées de 9 à 14 ans d’ici 2030, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé visant à éliminer le cancer du col de l’utérus.





