La branche togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a renforcé les capacités des journalistes, le vendredi 12 décembre à Lomé, autour du thème : « Réduction des financements des Droits en Santé Sexuelle et Reproductive/Planification Familiale (DSSR/PF) : quels effets concrets sur les femmes et les jeunes ? »
Cette rencontre, organisée dans le cadre du « Rendez-vous du REMAPSEN » avec l’appui financier du Partenariat de Ouagadougou, a permis de mettre en lumière les conséquences de la baisse des financements sur la santé reproductive, dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique.

Intervenant à cette occasion, le chef de la Division santé de la mère et de l’enfant (DSME), Dr Abram Amétépé Agossou, a rappelé le rôle crucial de la planification familiale dans la réduction de la mortalité maternelle. « Au Togo, nous enregistrons 362 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, alors que l’objectif à l’horizon 2030 est de descendre en dessous de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes », a-t-il indiqué.
Selon lui, la situation devient plus préoccupante depuis février 2024, période à laquelle les financements extérieurs sont devenus imprévisibles. Face à cette incertitude, il a appelé à un renforcement de la mobilisation des ressources domestiques, notamment par l’État et les collectivités territoriales, afin d’assurer la continuité des services de planification familiale.

Pour sa part, Mme Ambroisine Mèmêdé, coordinatrice du REMAPSEN-Togo, a salué les progrès réalisés ces dernières années grâce aux appuis financiers extérieurs, qui ont contribué à la réduction de la mortalité maternelle et au renforcement des services de planification familiale en faveur des jeunes et des adolescents. Elle a toutefois reconnu que le pays est aujourd’hui confronté à un défi majeur lié à la forte dépendance aux financements externes et à l’existence de besoins encore non satisfaits.
Elle a souligné que la réduction des financements des DSSR/PF affecte particulièrement les femmes et les jeunes, d’autant plus que les chocs climatiques accentuent leur vulnérabilité et compliquent l’accès aux services de santé. Pour elle, cette rencontre a permis « aux journalistes de disposer de ressources fiables pour mieux informer, analyser et sensibiliser l’opinion publique sur ces enjeux ».
Ce rendez-vous du REMAPSEN constitue la deuxième rencontre organisée en décembre, après celle du 8 décembre consacrée aux questions de handicap et d’inclusion. À travers ces initiatives, le REMAPSEN-Togo entend renforcer le rôle des médias dans le plaidoyer pour un financement durable de la santé sexuelle et reproductive, en tenant compte des défis climatiques et sociaux.





