Café Robusta/Adaptation aux aléas climatiques : L’ACRAM vers une redynamisation

Dans un contexte mondial marqué par les tendances baissières du prix des matières premières, la chaine de valeur des cafés africains doit émerger et il faudra passer d’une filière de subsistance à une filière professionnalisée, durable et profitable pour l’ensemble des acteurs. L’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) tient toujours à ce défi. Append-on de l’Union

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Surtout que, pour de nombreux pays producteurs, les exportations de café sont une composante essentielle des recettes en devises et représentent une part significative des recettes fiscales et du produit intérieur brut. C’est ce qui pousse l’organisation à la redynamisation, selon le thème de sa huitième Assemblée générale du 22 au 24 janvier 2020 à Libreville au Gabon.

Acteurs vitaux pour un produit économiquement stratégique comme le café, les scientifiques ont donné le ton le 22 janvier. Ici, on a parlé de la survie du caféier face aux ravageurs et de son adaptation aux aléas climatiques – deux facteurs exogènes qui entraînent une diminution du rendement et une perte de qualité. Aussi le sixième colloque scientifique des chercheurs sur le café Robusta a-t-il permis de revisiter les avancées en matière de lutte contre le scolyte du caféier (un insecte devenu le principal ravageur du café au niveau mondial, qui vit dans les fruits du caféier au détriment de la graine) et de faire le point sur l’état d’avancement et explorer les conditions d’actualisation du projet régional axé sur l’amélioration de la productivité des exploitations caféières.

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Lequel projet, dénommé «Création, amélioration et diffusion du matériel végétal du caféier Robusta : valorisation des spécificités pédoclimatiques des zones de production», a été initié en 2014 au

Cameroun, puis consolidé à Lomé en 2015 et à Abidjan en 2017. Avec l’objectif de mener des essais multilocaux à partir des semences hybrides à haut rendement développées par le CNRA de Côte-d’Ivoire et d’explorer les conditions de leur adoption et diffusion dans les autres pays membres de l’ACRAM. A la fin des réflexions, l’unanimité est faite autour de la nécessité d’accélérer la mise en oeuvre de ce projet à fort potentiel pour la relance durable de la robusta-culture en Afrique et à Madagascar. Le Secrétariat exécutif de l’ACRAM est chargé de mobiliser les financements nécessaires. Il faut rappeler que le thème du colloque est «Amélioration de la productivité et la qualité du café Robusta en Afrique de l’Ouest et du Centre : Etat d’avancement du projet régional et perspectives».

«La qualité de vos travaux ne cesse de nous donner le courage de continuer cette oeuvre commune », a lancé à l’endroit des chercheurs, le président de l’ACRAM, Enselme Gouthon. L’Agence ayant la vocation d’être un outil de promotion des cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar à travers la recherche (d’abord), la production, la transformation et la consommation locale.

«C’est pourquoi, depuis 2018, l’ACRAM s’impose une dynamique basée sur les résultats », a ajouté M. Gouthon, au début des travaux de la huitième Assemblée générale, après le colloque scientifique. A Libreville, le rappel est également fait sur les questions du genre et de la jeunesse dans la chaîne de valeur du café. Des actions concrètes sont encore attendues pour l’autonomisation économique des femmes et des jeunes. Le président de l’ACRAM trace les sillons pour y arriver : «dès à présent, nous devons fixer des indicateurs d’appréciation de l’accroissement, d’année en année, de la représentation des femmes et des jeunes dans les instances de gestion de la filière café ainsi que dans les réunions et conférences internationales.

De même, un effort particulier doit être fourni par les structures de vulgarisation de nos pays, en mettant à la disposition des jeunes et des femmes, du matériel végétal hautement performant en termes de précocité et de productivité, issu des travaux de recherche».

Les membres de l’ACRAM doivent adopter le rapport d’activités 2019 du Secrétariat exécutif et les rapports des Comités techniques de l’Agence, notamment le Comité Coopération et Transfert de Technologies, le Comité Administration et Finances, le Comité Genre et le Comité Jeunesse, Promotion et Marketing. Ils doivent aussi examiner et adopter l’agenda 2020 ainsi que le budget administratif 2020.

L’ACRAM a connu d’importants événements récents dont la signature d’un accord de siège avec le gouvernement gabonais qui la consolide dans ses rapports avec les partenaires ; l’adhésion de la Coffee Federation of Ghana dans la perspective du renforcement de la base associative de l’Agence ; la mise en place du Programme d’appui à l’ACRAM pour la relance et la promotion du café Robusta d’Afrique et de Madagascar, sur financement de l’Union européenne à travers le Secrétariat du Groupe des pays ACP ; la qualité de membre du comité directeur du Forum des producteurs de café du monde ; le recrutement du Secrétaire exécutif, M. Ismaël Ndjewe Ndomba, pour quatre ans.

A noter que l’ACRAM a fortement contribuer à la mise en place du Forum mondial des producteurs du café qui développe une dynamique permettant d’améliorer les prix du café aux petits producteurs. «L’existence de notre organisation doit viser davantage la valorisation de nos cafés. Cette démarche devrait permettre à chacun de nos pays de contribuer de manière plus significative à l’économie caféière du continent, mieux, au rééquilibrage de cette économie», a souligné le ministre gabonais de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou. «Il nous faut renforcer les échanges entre les pays producteurs de robusta, développer des programmes de production de matériels, réorganiser les circuits de commercialisation et attirer notre jeunesse vers les métiers de l’industrie caféière», résume-t-il si bien.

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