En pleine récolte de carottes, Mme A. illustre le quotidien de nombreuses productrices maraîchères togolaises. Depuis plusieurs années, elle subvient aux besoins de son ménage grâce à cette activité rentable, mais vulnérable aux aléas.
En visite sur le terrain à Agbodrafo (32km de Lomé) , David Akwei, le Directeur de Lorica Assurances a pu mesurer de près ces réalités. « Ces femmes portent une grande partie de l’agriculture togolaise, mais elles travaillent dans une précarité qui fragilise leurs revenus », a-t-il confié à l’issue de sa rencontre avec les productrices.
La majorité des exploitations maraîchères restent de petite taille, situées en zones périurbaines, avec une irrigation encore largement manuelle, via puits ou motopompes. Des projets pilotes, soutenus par l’État, introduisent progressivement des systèmes de goutte-à-goutte et de micro-aspersion. Ces innovations permettent d’économiser l’eau, d’améliorer les rendements et de réduire la pénibilité du travail.

Les femmes demeurent au cœur de la chaîne agricole : elles représentent 56,4 % de la main-d’œuvre et 43 % des transformateurs. Pourtant, les pertes post-récolte restent massives : jusqu’à 42 % en saison principale, et jusqu’à 90 % pour la tomate en saison secondaire.
À cela s’ajoutent les risques climatiques et environnementaux. Sécheresses et inondations affectent durement les récoltes, surtout dans la Kara et les Savanes. En 2020, près de 6 902 hectares de cultures ont été détruits par les inondations, entraînant des pertes colossales.
Face à cette situation, le Directeur de Lorica Assurances se veut rassurant : « Notre rôle est d’accompagner ces communautés. Nous travaillons avec elles pour co-construire des solutions d’assurance agricole qui tiennent compte de leur contexte et de leurs réalités. »
Et d’ajouter : « Protéger les revenus des producteurs, c’est renforcer la résilience de tout le secteur agricole togolais. » La réflexion reste ouverte : comment réduire efficacement les pertes post-récolte, dues aux contraintes techniques, logistiques, biologiques ou économiques ? Le débat mérite d’être partagé.
Par Hector Sann’do NAMMANGUE





