Au début de la formation, qui a réuni des acteurs du secteur des mines des régions des Plateaux, Centrale, Kara et Savanes, le directeur régional des mines et de la géologie, Tchassia Yaou, et le spécialiste en sauvegarde environnementale et sociale, Bala Kindi Abalo, avaient d’entrée souhaité que, au sortir des travaux, des engagements forts soient pris par les sociétés en faveur de la fermeture et de la réhabilitation de leurs sites miniers.
A la base, c’est une source de conflits permanents. Le sujet est largement traité par le rapport final de l’évaluation environnementale et sociale stratégique du secteur minier au Togo, datant de novembre 2018 et commanditée par le Projet de développement et de gouvernance minière.
On peut aisément y lire que l’une des très fortes récriminations émises par les populations dans les zones d’influence des activités minières concerne la non-réhabilitation des zones exploitées. Car les impacts négatifs de l’exploitation minière sont essentiellement des impacts environnementaux. Les anciennes carrières de phosphate non réhabilitées illustre cette problématique. L’état des lieux de l’environnement fait observer une détérioration du paysage et une perte de végétation due à l’exploitation de phosphates, calcaire et matériaux de construction.
Quelques constats
L’exploitation artisanale des matériaux de construction (sable, gravier) et de l’or et diamant (primaire et alluvionnaire) se fait généralement à ciel ouvert ou en puits et galeries. Durant la découverte du gisement, les travaux miniers consistent à dégager des grands volumes de terres stériles surmontant le gisement qui varient d’un gisement à un autre mais peuvent atteindre une dizaine de mètres de hauteur.
Les remaniements de terres perturbent la structure et la fertilité des sols, souvent la source d’érosion et de perte de terres agricoles.
Ce processus est accentué notamment en région Maritime (exemple de Dalavé, Sanguéra, Djablé et Aného) qui compte de nombreuses exploitations artisanales de sable et gravier, dont environ 70% n’ont pas d’autorisation délivrée par la Direction des mines.
Les trous sont laissés sans aucune réhabilitation, le comblement, nivèlement et reboisement des cavités dans les zones exploitées ne sont pas réalisés. Ces puits et galeries sont souvent creusés d’une manière désordonnée.
Les exploitations artisanales de quartzite, informelles elles aussi, affectent les sols à travers la destruction du couvert végétal de la zone, mais en moindre mesure que les exploitations de sable. Des cas d’accidents avec blessures causés par des éboulements et glissements de sols et de roches durant la saison des pluies sont rapportés. Pour l’or et le diamant, durant la phase d’extraction à ciel ouvert, le gravier minéralisé des gisements alluvionnaires est extrait.
Systématiquement par les miniers artisanaux (creuseurs) et stocké au talus des puits avant lavage ; ce qui dégrade les sols et génère une modification du paysage.
Les impacts des activités minières sur l’environnement
Les impacts environnementaux des activités minières industrielles (exploration et exploitation) sont majoritairement négatifs. Ils sont dus principalement aux travaux de terrassements pour la mise en place des sites industriels et des infrastructures de transport (routes, ports, énergie…), avec les conséquences connues sur l’érosion superficielle des sols ; à l’extraction des quantités significatives de sols et roches (stérile) dans les mines à ciel ouvert qui affectent localement la topographie, la stratigraphie, les aquifères, la stabilité de terrains, etc. ; à des perturbations de la structure des sols résultant de la mauvaise remise en état des terrains après exploitation, les rendant ainsi impropices à l’agriculture ou au pâturage ; à l’érosion hydrique et l’érosion éolienne des sols qui causent une perte progressive de leur fertilité ; à la pollution des sols causée par les dépôts des résidus miniers et l’épandage d’effluents, de boues et de déchets miniers toxiques ; à la pollution des sols provenant de la retombée de poussières liés à l’extraction et le traitement du minerai ; à la pollution des sols provenant de déversements accidentels d’hydrocarbures, de rejets directs d’huiles des centrales thermiques, des garages mécaniques, des ateliers d’entretien et des lieux de stockage d’hydrocarbures, des contaminations par des huiles, des pièces de rechange abandonnées, des déchets médicaux des infirmeries et autres.
LIRE AUSSI: Togo : Les mines industrielles favorisent la perte des terres cultivables
La remise en état inadéquate des sols une fois les activités minières terminées cause une perte de fertilité et défigure le paysage local. Ces effets ont été constatés sur les anciennes carrières de la SNPT, dont la plupart a été remblayée sans repositionnement de la couche fertile du sol et sans reboisement. Actuellement, cette pratique continue à être appliquée pour les carrières de la société.
L’absence de réhabilitation empêche la société de rendre les terres aux propriétaires, majoritairement des agriculteurs.
En contraste, l’entreprise Scantogo, qui exploite le calcaire à Tabligbo, procède à la réhabilitation des carrières exploitées dans les règles de l’art, avec reconstitution de la couche fertile du sol, aplanissement et reboisement au fur et à mesure que l’extraction avance.
H. N





