Le Forum ClimSA–SEWA, lancé hier lundi 23 juin à Windhoek en Namibie, se poursuit cette semaine avec la participation d’experts, de décideurs africains et de partenaires internationaux. Ce mardi, lors d’une conférence de presse marquant l’ouverture du Forum SEWA (Space-based Earth Observation for Early Warning in Africa), le Commissaire de l’Union africaine pour l’Agriculture, le Développement rural, l’Économie bleue et l’Environnement durable, S.E. Moses Vilakati, a livré un message fort sur l’urgence de doter le continent d’outils météorologiques et climatiques modernes et accessibles, insistant sur leur valeur stratégique dans un contexte de vulnérabilité croissante.
« L’Afrique n’a jamais été aussi exposée aux impacts du changement climatique qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré d’entrée de jeu. Citant les rapports du GIEC, le commissaire a rappelé les multiples conséquences que subit le continent : érosion des terres agricoles, sécheresses prolongées, inondations dévastatrices, pertes économiques et humaines.

Selon lui, ces réalités réduisent considérablement les marges de manœuvre des États africains. Face à cette situation, il défend une approche claire : « Investir dans les services climatiques ne doit plus être perçu comme une dépense, mais comme un levier stratégique. Chaque dollar investi peut générer dix fois plus en bénéfices socio-économiques. »
Il a également mis l’accent sur l’importance de rendre les données climatiques plus accessibles, compréhensibles et utiles. « L’information climatique peut sauver ou enrichir », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que l’un des grands défis aujourd’hui est le décalage entre ceux qui détiennent les données et ceux qui en ont besoin sur le terrain.
Le commissaire a insisté sur la nécessité de combler ce vide par le renforcement des capacités, une meilleure vulgarisation des données, et une structuration des chaînes d’alerte climatique.
Le programme SEWA (Space-based Earth Observation for Early Warning in Africa) , selon ses mots, s’inscrit dans cette logique. Il vise à exploiter les données de la nouvelle génération de satellites (Meteosat MTG) pour construire des services d’alerte précoces efficaces, renforcer la gestion des urgences, et développer des outils de planification adaptés aux réalités africaines. « Nous devons être capables d’anticiper, de planifier et d’agir sur la base d’informations fiables », a-t-il insisté.
Le commissaire a également souligné le rôle fondamental de la Facilité d’Application Météorologique Africaine (AMSAF), qui permettra une meilleure utilisation des données satellites par les institutions africaines.
Il a remercié l’Union européenne pour son appui financier, tout comme les partenaires techniques EUMETSAT (The European operational satellite agency) , JRC (Joint Research Centre) , l’OMM (Organisation météorologique mondiale) qui accompagnent l’Union africaine dans ce processus. « Avec le Forum économique mondial qui classe les événements extrêmes parmi les risques majeurs des décennies à venir, le programme SEWA arrive au bon moment », a-t-il conclu, soulignant l’importance d’une Afrique capable d’agir collectivement, avec des outils à la hauteur des défis.
Par Hector NAMMANGUE depuis Windhoek (Namibie) pour Vert-Togo





