Giraud Kuessi Togbé : « Nous accordons une place de choix aux questions environnementales dans leur globalité »

Deux mois après le lancement de l’initiative Sciences Women Voice, émanant de All For Sciences media, un média scientifique panafricain engagé dans la vulgarisation des travaux de recherche scientifique. Dans un entretien accordé à notre rédaction, le Co-fondateur du média, Giraud Kuessi Togbé journaliste scientifique diplômé du Centre d’étude des sciences et techniques de l’information CESTI DAKAR partage avec nous, ses motivations en dressant un bilan de cette action entant que media qui veut réduire l’inégalité dans le domaine de la science chez les femmes en Afrique. Nous avons également abordé les possibilités de collaboration des Journalistes scientifiques et des chercheurs scientifiques. Interview !

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Vert-Togo : Présentez-vous ?

Giraud Kuessi Togbé : Je suis Giraud Kuessi Togbé journaliste scientifique diplômé du Centre d’étude des sciences et techniques de l’information CESTI DAKAR. Co-fondateur du média d’information scientifique indépendant et panafricain All For Sciences Media. Nous accordons une place de choix aux questions environnementales dans leur globalité avec un accent aigu sur les enjeux environnementaux de même que les problématiques liées aux femmes dans les domaines de la science. Nous sommes basés à Dakar,la capitale sénégalaise et nous couvrons l’Afrique, avec une représentation au Bénin, et au Burkina Faso. Par ailleurs je suis consultant média et stratégie pour les organisations internationales.

Vert-Togo : Deux mois après le lancement de l’initiative  » Science women voice » quel bilan faites-vous de cette action entant que media qui veut réduire l’inégalité dans le domaine de la science ?

Giraud Kuessi Togbé : Effectivement nous lancions en mai 2023, l’initiative Science Women Voice (SWV) qui vise essentiellement à donner la parole aux femmes scientifiques d’Afrique. Nous sommes partis du constat selon lequel, en effet, les femmes dans la recherche scientifique ne sont pas suffisamment valorisées, leurs travaux, innovations, exploits et bien d’autres encore ne sont pas connus du grand public. Ce constat est d’ailleurs étayé par des organisations internationales compétentes à l’instar de l’UNESCO qui suite à une étude évalue la présence des femmes dans la science au plan mondial à moins de 30%. Dans cette marge on se rend compte que les femmes scientifiques africaines n’ont pas vraiment .Quand bien  même qu’elles existent sur le continent. En vrai ceci dénote simplement du fait que les médias ne leur accorde pas assez la parole.

Plus loin cela dénote des effets négatifs des stéréotypes sexistes auxquels elles font face presque au quotidien dans la société. Ceux-ci constituent dans le fond des obstacles à leur plein épanouissement. Alors pour corriger ce phénomène notre initiative Science Women Voice SWV entend faire la lumière sur les femmes scientifiques africaines pour apprendre davantage sur leurs réalisations scientifiques, leurs exploits afin de montrer surtout à la face du monde, qu’en Afrique des femmes scientifiques sont capables contrairement à ce que la société patriarcale tente de faire croire.

L’autre volet sur lequel je souhaite m’appesantir est le fait que, l’intérêt de  mettre en avant ces femmes comme modèles , réside dans le fait que cela pourra susciter l’intérêt des jeunes filles pour les questions scientifiques, parce qu’elles auraient des modèles. C’est très important. Car aujourd’hui cela manque à nos jeunes. Pour rappel nous aurons une phase de projection sur les profils de femmes dans les établissements scolaires pour d’avantage sensibiliser à la chose scientifique.

Revenant à votre question, le bilan est totalement positif ! Notre initiative a suscité beaucoup d’intérêt au sein de la communauté scientifique africaine. Nous avons eu beaucoup de retours positifs qui nous encouragent à aller encore plus de l’avant. Des femmes scientifiques se sont volontairement rendues disponibles pour participer à l’initiative. Nous avons eu aussi beaucoup d’autres promesses. Cela dit que l’initiative a plu à bien de personnes et tenez vous bien, pas des moindres. Cet état de chose, nous conforte dans notre position et montre effectivement qu’il y un besoin de communication manifeste dans le rang des femmes scientifiques. Autrement dit elles ont besoin de s’exprimer autant que les hommes scientifiques, elles ont besoin qu’on s’intéresse à elles. C’est une initiative médiatique africain, nous avons commencé déjà par publier les capsules vidéos et nous avons beaucoup d’encouragement, croyez moi.

Vert-Togo : Aujourd’hui l’une de vos priorités est également d’assurer une vulgarisation parfaite et complète des travaux de recherche. Êtes-vous satisfait au sein de votre media ?

Giraud Kuessi Togbé : Absolument ! Les chercheurs nous font confiance. Les chercheurs manifestent leur volonté à communiquer sur notre plate forme. Vue dans ce sens je crois que c’est positif et très encourageant pour nous. Nous formons au sein de notre média All For Sciences Media, une équipe de jeunes rompus à la tâche, expérimentées surtout pour qui les questions de vulgarisation scientifique n’ont pas de secret. Pour la petite histoire nous avions organisé des conférences nationales d’envergure en République du Bénin qui ont réuni des sommités de la science et des médias au Bénin. C’est très positif pour nous ces acquis et il est important de capitaliser pour l’avenir. Et c’est ce que nous faisons. C’est ce qui crée la confiance entre nous et les chercheurs avec qui nous collaborons.

Vert-Togo : Journalistes scientifiques  et chercheurs scientifiques  y a t’il une possibilité de travailler ensemble ? Alors que faire?

Giraud Kuessi Togbé : Pour faire de la vulgarisation scientifique, nous avons comme première source d’information, les chercheurs. Dans le fond, nous travaillons au quotidien à satisfaire à cette mission de mise en lumière des travaux de recherche. Évidemment, il y a encore des défis pour parfaire bien entendu nos collaborations avec les chercheurs. Vous le savez sans doute, la disponibilité des chercheurs à vulgariser leurs travaux n’est pas tout à fait systématique. Certes il y eu des avancées majeures qui existent. Quand on capitalise, on se rend compte quand même que la parole se libère de mieux en mieux et les chercheurs s’intéressent aux médias. Soit des institutions de recherche, des laboratoires de recherche, soit par des chercheurs indépendants qui ont vraiment compris l’intérêt de parler de leur travaux, se manifestent. Par ailleurs on comprend la réticence de certains à venir vers les médias.

C’est tout un débat qui est soulevé même au niveau international. Nous restons de toute façon optimiste quand à la la parfaite collaboration entre média scientifique et chercheurs scientifiques dans un futur très proche avec beaucoup d’impacts positifs sur les populations.

Ne soyez pas étonné, c’est de ça qu’il s’agit, la finalité . Informer juste et vrai des mutations en cours sur le continent africain au profit des populations. Et ce, dans tous les domaines car la science est partout et les recherches sont menées entre autre pour le bien être des citoyens, pour éclairer les décisions politiques et j’en passe.

Oui, il doit exister une collaboration très étroite entre les chercheurs et les journalistes scientifiques. Je suis tenté de dire ils se complètent. Pour cela, il faut la formation au métier de journalisme scientifique, la formation à la vulgarisation dans les médias.

Vert-Togo : Pourquoi une priorité doit être  accordée aux femmes scientifiques ?

Giraud Kuessi Togbé : Elles sont presque absentes dans les médias ! Alors nous avons souhaité nous intéresser à elle. C’est d’ailleurs là que réside le fondement même de l’initiative Science Women Voice (SWV).

Vert-Togo : Quel est votre mot de fin ?

Pour finir, qu’il me soit permis de vous remercier pour l’opportunité. L’opportunité que vous nous donner de communiquer autour de notre initiative Science Women Voice SWV. Cela nous fait plaisir et nous encourage à faire bien. Aussi, souhaiterais-je manisfester ma gratitude aux confrères/concoeurs Pancras Zountchégbé, Elvis Gnnacadja , Isaac Houngnigbé et Charlotte Ezebada tous membres de la rédaction de All For Sciences Media avec qui nous faisons le chemin vers l’excellence en matière de vulgarisation scientifique en Afrique.

Interview réalisé par la rédaction

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