Togo : les explications de l’épidémiologiste Didier Ekouevi, sur l’utilisation de l’Hydroxychloroquine dans le traitement du Coronavirus

Depuis une semaine, la chloroquine est sur toutes les lèvres. Ce médicament antipaludique de longue date et peu coûteux a été testé contre l’infection par le coronavirus, notamment à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille.

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Une présentation scientifique d’un chercheur de cet institut,le professeur Didier Raoult, a d’ailleurs  , a d’ailleurs été visionnée plus de 850 000 fois sur YouTube.

Le chercheur présentait des résultats d’une étude clinique sur 24 patients pour traiter la COVID-19 avec de l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine.

Dans son étude, les patients à qui on a administré ce médicament se sont rétablis plus rapidement que ceux qui n’ont rien pris. Les résultats étaient encore plus probants chez ceux qui ont pris de l’hydroxychloroquine combinée à un antibiotique, l’azithromycine. Cependant certaines faiblesses de la dite étude ont été énumérées par le  Professeur Agrégé Didier Koumavi EKOUEVI Médecin Epidémiologiste, de l’Université de Lomé .

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Le Professeur énumère entre autres : la petite taille d’échantillon (n=20) avec seulement 6 patients dans le groupe Hydroxychloroquine et azithromycine ; l’exclusion de 6 patients dans le groupe Hydroxychloroquine.

Et  de noter «  Ces patients devraient être considérés comme des échecs au traitement (on n’exclut jamais des patients dans les analyses d’un essai thérapeutique = analyse en intention de traiter.). L’absence de randomisation : les groupes ne sont pas comparables avec des sites de recrutement différents. »

Et ajoute t-il   » la non-description des effets secondaires (un traitement est jugé sur sa tolérance et son efficacité ) : la non-description des effets secondaires (un traitement est jugé sur sa tolérance et son efficacité.) :Faisant une appréciation, il déclare que la communauté scientifique est divisée sur le sujet actuellement. »

Faisant une appréciation, il déclare que la communauté scientifique est divisée sur le sujet actuellement.

D’un côté, certains scientifiques trouvent qu’il n’y a rien à perdre à ce que le produit soit essayé et cela marche comme le dit Didier Raoult.

Par contre d’un autre côté, d’autres stipulent le non-respect des standards internationaux dans le cadre des essais. Et font cas d’un essai randomisé qui a commencé (Essai Discovery en Europe) : résultats attendus dans 15 jours.

Et de conclure « l’hydroxychloroquine est une piste sérieuse (médicament bien connu, moins cher), mais, Il faut un essai randomisé avec un nombre suffisant de patients pour conclure à l’efficacité d’un médicament (résultats attendus dans 10 jours). »

La peur du coronavirus et l’engouement soudain pour la chloroquine ont provoqué de premières intoxications et décès.

Au Nigeria, pays où cet antipaludique est largement distribué pour lutter contre la malaria, de nombreuses personnes se sont ruées sur le médicament et trois d’entre elles ont dues être hospitalisées après un surdosage du médicament. Aux Etats-Unis, un couple de sexagénaires s’est procuré du phosphate de chloroquine (un produit pour les poissons d’aquarium) et en a mis dans du soda ceci dans l’espoir de se fabriquer une immunité contre le coronavirus. L’homme en est mort.

Edem K.

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