Pour le président de la Banque Ouest Africaine pour le Développement (BOAD), Serge EKUE, rester focalisé sur la question de la vulnérabilité climatique de nos populations est un impératif pour l’institution qu’il dirige.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Dubaï le mardi 4 décembre, Serge EKUE a souligné l’importance de la BOAD en tant que banque de développement et institution publique à caractère international, dans la prise en compte de la vulnérabilité climatique des populations africaines.
« La vulnérabilité des populations est notre première préoccupation. Notre engagement ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2009, la BOAD siège en tant qu’observateur à la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et participe activement aux discussions visant à construire une architecture internationale pour la finance climatique », a-t-il déclaré.
Parlant d’impacts des changements climatiques, Monsieur EKUE a souligné le paradoxe qui entrave le développement des pays du Sud. « Les pays du Sud, y compris le nôtre, sont les plus vulnérables aux impacts climatiques, bien que nous émettions parmi les plus faibles niveaux de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ainsi, bien que nos émissions soient parmi les plus faibles, nous subissons les chocs les plus forts. C’est toute la question de la vulnérabilité », estime-t-il.
Face à cette réalité, Serge EKUE réaffirme l’engagement de la BOAD à contribuer à la lutte contre les changements climatiques. « La BOAD s’engage et continuera de s’engager à accélérer l’adaptation des départements au changement climatique en intégrant des projets climatiques novateurs au sein de nos communautés. »
L’adaptation climatique, au cœur des priorités de la BOAD
Consciente que l’adaptation au changement climatique doit être abordée de manière concrète sur nos territoires pour atténuer les conséquences déjà présentes, la BOAD a fait de cette question son cheval de bataille.
« Notre priorité est clairement l’adaptation plutôt que l’atténuation, étant donné notre contribution minime à la dégradation de l’environnement. Les coûts des actions programmées dans le cadre des contributions déterminées au niveau national (CDN) de nos huit pays sont estimés à environ 100 milliards de dollars d’ici 2030. La BOAD a mobilisé entre 2015 et 2019, dans le cadre de son premier plan stratégique, près de 166 milliards de francs CFA sous forme de dons et de prêts très concessionnels auprès des mécanismes financiers de la CNUCC, du Fonds d’adaptation, du Fonds pour l’environnement mondial et du Fonds vert pour le climat. Sur la même période, les engagements liés aux projets climat représentent 228 milliards de francs CFA, soit environ 10% des montants engagés, qui s’élèvent à 2 215 milliards », a-t-il expliqué aux professionnels des médias à Dubaï.
Le Plan de Joliba, la stratégie sobre en carbone
Le président de la BOAD indique que le plan JOLIBA lancé pour la période de 2021 à 2025 met l’accent sur le développement sobre en carbone et résilient aux effets néfastes des changements climatiques.
« Nous restons déterminés à accompagner nos États membres dans le financement de projets visant à atténuer les effets néfastes des changements climatiques. Nous avons défini, à cet effet, l’axe 3 de notre plan JOLIBA qui vise le renforcement de la résilience des populations face aux changements climatiques. Cet axe 3 traduit notre ambition d’orienter 25% de nos engagements additionnels, soit environ un milliard et demi d’euros, vers la lutte contre le changement climatique. »,a-t-il affirmé.
COP28/Financement des CDN : le Togo adhère à la mise en place d’un cadre d’action régionale
La BOAD a adopté un nouveau cadre de sauvegarde environnementale et sociale ainsi qu’une nouvelle politique et une stratégie géante. Il est important de noter que 80% des personnes déplacées ou affectées en raison des effets des phases de changement climatique sont des femmes. Par conséquent, conformément à ses engagements en matière de genre, toute réponse de la BOAD aux effets des phases de changement climatique place l’action des femmes, ainsi que des jeunes, en tant que cibles prioritaires des bénéficiaires.
Par Hector NAMMANGUE depuis Dubaï pour Vert-Togo





