Vers un label UEMOA pour accélérer le développement de l’habitat durable

Aux BOAD Development Days 2026, la réflexion sur l’habitat durable est allée bien au-delà des matériaux de construction ou de la performance énergétique. Réunis ce vendredi 12 Juin 2026 autour du panel « Énergie et performance du bâtiment : vers un label UEMOA pour l’habitat durable », experts, investisseurs et décideurs ont plaidé pour une approche intégrée du logement, combinant efficacité énergétique, inclusion sociale, infrastructures de qualité et mécanismes de financement adaptés.

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Dès l’ouverture des échanges, Papa Amadou Sarr, Directeur général de PORTEO Group, et Luc Marie Constant Gnacadja, architecte et actuel maire de Cotonou, ont appelé à repenser la notion même d’habitat durable.

Selon eux, un logement durable ne se limite pas à sa performance énergétique. Il doit également être conçu en tenant compte des infrastructures, des services essentiels, des réalités culturelles et des modes de vie des populations.

Cette vision s’accompagne d’une volonté d’harmoniser les standards à l’échelle régionale. Les intervenants ont ainsi défendu l’idée de créer un label UEMOA de l’habitat durable, qui servirait de référence commune pour identifier les projets répondant à des critères environnementaux, sociaux et économiques exigeants. Un tel outil offrirait davantage de visibilité aux investisseurs et favoriserait le développement d’un marché régional du bâtiment durable.

Le financement, principal défi

Pour Papa Amadou Sarr, le principal frein au développement de l’habitat durable demeure le coût du financement. Il a expliqué que les promoteurs immobiliers mobilisent actuellement leurs ressources auprès des banques commerciales et des institutions multilatérales à des conditions souvent peu favorables, ce qui augmente considérablement le coût des projets.

Afin d’inverser cette tendance, il a plaidé pour la mise en place de financements concessionnels et de mécanismes de garantie capables de réduire les risques pour les banques et de faciliter l’accès au crédit, aussi bien pour les promoteurs que pour les collectivités territoriales.

S’appuyant sur des données de la Société financière internationale (SFI), il a rappelé que si les bâtiments respectant des normes élevées de performance énergétique nécessitent un investissement initial plus important, ils permettent ensuite de réduire les coûts d’exploitation de 30 à 40 %, tout en offrant une durée de vie plus longue.

Un rôle stratégique pour la BOAD

Les panélistes ont également souligné le rôle que pourrait jouer la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) dans cette transition. Papa Amadou Sarr a proposé que l’institution renforce son rôle de catalyseur en refinançant les banques commerciales et en développant des lignes de garantie dédiées aux projets de logements durables.

Il a également suggéré la création d’un mécanisme régional de garantie, voire continental, afin de mutualiser les ressources actuellement dispersées entre plusieurs fonds et d’accroître les investissements dans le secteur.

Les échanges ont enfin mis en avant l’exemple européen, où les bâtiments sont classés selon leur performance énergétique grâce à des labels reconnus. Pour les intervenants, l’adoption d’un dispositif similaire dans l’espace UEMOA contribuerait à structurer le marché, à stimuler les financements verts et à accélérer la transition vers un habitat plus durable.

Pour les deux experts, cette ambition ne pourra se concrétiser qu’à travers une mobilisation conjointe des États, des banques de développement, des institutions financières et des partenaires techniques afin de faire du logement durable un véritable moteur de développement économique, de sobriété énergétique et d’amélioration du cadre de vie en Afrique de l’Ouest.

Par Hector Sann’do NAMMANGUE

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