Togo : un projet national pour respirer un air plus sain

Face aux risques sanitaires croissants liés à la pollution atmosphérique, le Togo engage un ambitieux projet national de surveillance de la qualité de l’air. Lancée officiellement le 29 avril 2025 à Lomé, cette initiative, soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC), vise à mieux comprendre les sources de pollution, à alerter les populations et à orienter les politiques publiques vers des solutions durables.

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La dégradation progressive de la qualité de l’air à Lomé et dans d’autres grandes villes togolaises suscite une vive inquiétude. En 2019, les infections respiratoires figuraient en tête des consultations dans le Grand Lomé, avec plus de 18 milliards de FCFA dépensés en soins, selon les données sanitaires nationales. La pollution atmosphérique, qualifiée de « tueur invisible », est responsable de plus de 8 000 décès prématurés chaque année au Togo, affectant particulièrement les enfants de moins de cinq ans.

La table d’honneur

« L’air que nous respirons est devenu un vecteur de maladies. Il est urgent d’agir », alerte le Dr Koffi Efanam Adadji, Directeur général de l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), structure pilote du projet. Selon lui, les causes sont multiples : industrialisation non maîtrisée, usage intensif des énergies fossiles, véhicules vétustes, feux de végétation, agriculture non durable, et mauvaise gestion des déchets.

Une stratégie en trois volets

Intitulé Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), le programme entend apporter une réponse structurée à cette crise environnementale. Il s’articule autour de trois axes majeurs : l’installation de stations de mesure de la pollution, l’analyse des données collectées, et la sensibilisation du public et des décideurs.

Lantam Djeri-Waké, coordonnateur du PQAT

« Pour agir, il faut d’abord comprendre. Ce projet vise à fournir des données fiables sur la qualité de l’air afin de guider les actions publiques et individuelles », explique Lantam Djeri-Waké, coordonnateur du PQAT. À terme, le dispositif couvrira 24 communes, dont 13 dans le Grand Lomé et 11 à l’intérieur du pays, avec l’objectif de suivre de près les niveaux de pollution et de diffuser ces informations de manière accessible.

Des premières analyses indiquent déjà que les seuils recommandés par l’OMS sont largement dépassés dans plusieurs zones urbaines du pays, renforçant la nécessité d’une surveillance accrue.

Mobiliser pour changer les comportements

Le lancement du projet a été marqué par deux présentations clés : un état des lieux sur la pollution atmosphérique réalisé par le directeur du suivi environnemental à l’ANGE, Hazou Abi, et une introduction technique au PQAT par son coordonnateur. Tous deux ont souligné l’importance de bâtir une nouvelle culture environnementale fondée sur l’information, la prévention et la participation communautaire.

Pour le Secrétaire général du ministère de l’Environnement, M. Aoufoh Koffi Dimizou, représentant du ministre lors de la cérémonie de lancement, l’enjeu dépasse la seule santé publique. La pollution de l’air menace aussi l’agriculture, l’économie, les forêts, et compromet les efforts de reboisement. « L’amélioration de la qualité de l’air est une condition indispensable à la réussite des politiques sectorielles du pays », a-t-il affirmé.

Les participants au lancement du projet

En cohérence avec la Feuille de route gouvernementale « Togo 2025 », le PQAT s’inscrit dans la réalisation de l’Objectif de Développement Durable (ODD) 11.6, qui vise à réduire l’impact environnemental des centres urbains. Le projet mise ainsi sur une transition vers des modes de consommation et de production plus durables. « Il ne s’agit plus de constater, mais d’agir ensemble », martèle Lantam Djeri-Waké. « La pollution de l’air n’a pas de frontières. Elle exige une réponse collective, durable et fondée sur la science. »

Avec ce projet, le Togo ambitionne de faire de la qualité de l’air une priorité nationale et de garantir à chaque citoyen un droit fondamental : celui de respirer un air sain.

Par Hector NAMMANGUE

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