Le Projet d’assistance aux familles d’éleveurs confrontées aux effets cumulés de la soudure pastorale, de l’insécurité et de la pandémie de la Covid-19 (PAS2P) est exécuté dans neuf (9) pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Mauritanie, le Tchad et le Togo.
Comme décliné dans son libellé, son objectif est de suivre et atténuer les impacts négatifs cumulés de la soudure pastorale, de l’insécurité récurrente et de la pandémie liée au coronavirus sur les conditions de vie et les capacités de résilience des familles d’éleveurs, de pasteurs et d’agro-pasteurs.
Au Togo, c’est la Plateforme associative des éleveurs et pasteurs du Togo (PAEP-Togo) qui porte ce projet régional. Les localités concernées sont les préfectures de l’Oti, de l’Oti-Sud et de Kpendjal dans la région des Savanes. Le PAS2P va ainsi couvrir 255 bénéficiaires. Au cours de la phase d’urgence, 27.660 bovins et 12.124 ovins transhumants, puis 4.000 bovins et 10.000 bovins locaux seront vaccinés contre la peste de petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine, en collaboration avec la Direction de l’élevage et les vétérinaires privés.
Il est aussi prévu de distribuer 25 tonnes d’aliments du bétail, 5 tonnes de riz et 100 litres d’huile. De même, une sensibilisation de masse sur l’hygiène et les mesures barrières contre le Covid-19 se fera avec 10 émissions radios en langues locales, 733 affiches sur l’hygiène et 733 affiches sur les mesures barrières produites.
Un système de veille mis en place pour mesurer les impacts économiques du coronavirus sur les populations pastorales permet de fournir, de façon hebdomadaire, des informations sur la situation des ménages pastoraux, à travers une plateforme d’analyse publique. On se rappelle que l’adoption par les pouvoirs publics de mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19 a conduit à la fermeture des frontières, avec pour conséquence immédiate le blocage des troupeaux en déplacement.
De nombreux transhumants se sont ainsi trouvés bloqués dans les espaces transfrontaliers sans pouvoir continuer vers leur destination finale, ni rebrousser chemin. En prolongeant le séjour de leurs animaux dans les zones de transit, ils ont contribué à accroitre fortement la pression exercée sur les ressources pastorales disponibles localement.
La fermeture des marchés à bétail pour éviter les regroupements de personnes a entrainé la mévente des animaux alors que les familles d’éleveurs avaient un besoin urgent de trésorerie pour acheter les provisions nécessaires (denrées alimentaires, aliments du bétail, intrants vétérinaires, etc.). Sans oublier les interdictions décrétées et l’insécurité.
Par exemple, d’après les données collectées à partir de mai 2020, à l’échelle régionale, la pénurie des aliments du bétail (essentiellement les aliments concentrés) tend à s’atténuer puisqu’elle est mentionnée par 22% des relais seulement en décembre 2020, contre 43% en juin 2020. Globalement sur la période, des pénuries localisées et à court terme ont été observées, mais les scénarii les plus pessimistes ont été évités. On note cependant des situations particulières au Togo, en Côte d’Ivoire et dans les pays sahéliens.
Le niveau de la pénurie des intrants alimentaires est resté constant dans les pays côtiers. Ainsi, la pénurie des aliments du bétail a été signalée par 100% des relais du Togo pendant les mois de juin, juillet, août et septembre 2020. Cet état de fait s’explique par deux facteurs principaux : les banques d’aliments du bétail sont peu enclines à reconstituer leurs stocks compte tenu de la forte disponibilité du fourrage herbacé en cette période de l’année ; et l’accroissement des difficultés d’accès aux zones pastorales pendant la saison pluvieuse ne favorise pas le réapprovisionnement des banques d’aliments du bétail.
Togo : Chris Atchou développe une ‘poubelle intelligente’ pour gérer le flux des déchets urbains
L’état d’embonpoint des animaux est perçu comme étant passable dans l’ensemble de la zone couverte par le dispositif de suivi. Toutefois, les animaux sont en meilleur état dans certains pays côtiers comme la Côte d’Ivoire, le Togo et le Benin. En termes de mouvements du bétail, la plus forte réduction de la mobilité du bétail a été enregistrée au Togo (information fournie par 95% des relais). Cette restriction drastique des déplacements des animaux a été provoquée par l’application stricte des mesures édictées par les pouvoirs publics en vue de freiner la propagation de la pandémie. D’un autre côté, de fortes concentrations d’animaux ont été observées dans les espaces transfrontaliers situés au nord du Togo (jusqu’à la région des Plateaux). Enfin, en gros, les campagnes d’information et de sensibilisation sur la pandémie du coronavirus ciblant les familles d’éleveurs se sont révélées d’une grande efficacité durant le mois de juin 2020 dans presque tous les pays.
Et en particulier, lorsque l’efficacité des campagnes a légèrement baissé dans plusieurs pays (Burkina Faso, Mali et Mauritanie), 50% des relais au Togo ont jugé efficace la campagne menée au moment de la première vague de la pandémie du Covid-19.





