Le Programme régional d’appui au développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS) a été officiellement lancé mercredi 9 juillet 2026 à Lomé. Portée par le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), avec l’appui financier de l’Union européenne, cette initiative vise à faire du pastoralisme un levier de croissance économique, de résilience des communautés, d’intégration régionale et de stabilité dans un espace où l’élevage pastoral occupe une place majeure.
Le pastoralisme est un secteur stratégique pour les économies des pays de l’Afrique. Il contribue à la création d’emplois, aux échanges commerciaux et à la sécurité alimentaire.
Toutefois, le secteur est confronté à de nombreuses contraintes, notamment la dégradation des ressources naturelles, les difficultés d’accès aux pâturages et les tensions liées à l’utilisation des espaces.
« Le lancement de ce programme intervient dans un contexte où notre espace est confronté à des défis multiples : changement climatique, pression croissante sur les ressources naturelles, insécurité alimentaire, conflits liés à l’accès aux ressources, difficultés de mobilité pastorale et vulnérabilité accrue des populations rurales », a souligné Sylvain Nagiba Ouedraogo, directeur exécutif Adjoint du CILSS.
Face à ces défis, le PRADEP-AOS mise sur une approche intégrée visant à améliorer la gouvernance des ressources pastorales, renforcer la santé animale, accroître la compétitivité des chaînes de valeur et faciliter les échanges commerciaux entre les pays concernés.

Pour le directeur exécutif du CILSS, une attention particulière doit être accordée à la gestion concertée des ressources partagées, notamment dans les zones transfrontalières.
« Il devient nécessaire de renforcer la gouvernance des ressources naturelles, notamment dans les zones transfrontalières, afin de favoriser une gestion concertée et durable des pâturages, des forêts et des autres ressources partagées », a-t-il indiqué.
Cette approche devrait contribuer à créer un environnement plus favorable au développement des activités pastorales, tout en consolidant la coopération entre les États de la région.
Du côté des autorités togolaises, le programme est perçu comme une nouvelle étape dans la construction d’une économie pastorale plus structurée. Pour Konlani Dindiogue, Directeur de cabinet du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, il ne s’agit plus uniquement d’accompagner la production animale, mais de développer une véritable chaîne de valeur capable de générer davantage de richesses.
« Il ne s’agit plus seulement de soutenir la production animale, mais aussi et surtout de construire une véritable économie pastorale, susceptible de créer davantage de valeur ajoutée, de renforcer les échanges commerciaux, de sécuriser les moyens d’existence des populations et de contribuer durablement à la stabilité de nos territoires », a-t-il expliqué.
Au-delà des investissements financiers, le PRADEP-AOS prévoit également un accompagnement des politiques publiques afin de favoriser la mobilité pastorale, améliorer la gestion des couloirs de pastoralisme et renforcer les mécanismes de coopération régionale.
À travers ce programme, le CILSS et ses partenaires ambitionnent de construire une économie pastorale plus durable et résiliente, capable de mieux répondre aux défis auxquels la région est confrontée.
Par Akissa Yotou-ASSENOUWE





