Dans la commune d’Avé 1, le village de Tsiviépé est confronté à une dégradation alarmante des ressources forestières. Pour raviver l’espoir d’un développement rural durable, une initiative portée par l’ONG I2DA Initiative pour un Développement Durable en Afrique vient à point nommé.
Elle vise à renforcer la résilience économique locale en s’appuyant sur l’agroécologie et le leadership communautaire. Les femmes et les jeunes de Tsiviépé sont désormais au cœur d’une dynamique de reboisement et de valorisation des ressources arborées.
Le constat est sans appel : le Togo perd chaque année environ 4,5 % de sa couverture forestière, l’un des taux de déforestation les plus élevés au monde. Avec seulement 6,8 % du territoire national couvert par les forêts, la pression humaine, l’exploitation non durable et le manque de sensibilisation aggravent la situation, menaçant à la fois la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés rurales.
Impliquer les premières victimes de la déforestation
Cheffes de ménages, transformatrices de produits forestiers, jeunes agriculteurs ou apprentis, les bénéficiaires du projet sont en première ligne face aux conséquences de la déforestation. Pourtant, ils sont souvent écartés des processus décisionnels liés à la gestion des ressources naturelles. Le projet entend corriger cette inégalité.
À travers des séances de sensibilisation et de formation pratique, les participants sont informés sur les causes et conséquences de la déforestation, mais aussi sur les rôles multiples que jouent les arbres : régulation du climat, sécurité alimentaire, génération de revenus, habitat pour la faune, et importance culturelle.
L’objectif est clair : faire de la forêt un atout économique, notamment en valorisant les produits forestiers non ligneux (fruits, feuilles, plantes médicinales, graines, etc.) comme sources de revenus durables.
Une réponse locale à un enjeu global
La démarche de I2DA s’inscrit dans les engagements du Togo sur le plan national et international en matière de restauration des écosystèmes, de développement durable et de promotion d’une économie verte. Loin des discours abstraits, le projet de Tsiviépé mise sur l’action communautaire concrète : encourager des activités génératrices de revenus (AGR), appuyer des initiatives locales69 de reboisement et promouvoir un leadership inclusif.
Parmi les résultats attendus : une meilleure compréhension des enjeux forestiers, l’identification de projets économiques autour de la forêt, et l’émergence d’une volonté collective de protéger les arbres comme biens communs essentiels.
Une dynamique portée par la communauté
Le projet mobilise également les leaders communautaires, notamment les chefs traditionnels, les animateurs ruraux et les responsables de comités villageois, dans le but de garantir une gouvernance locale participative.
Prévu pour se dérouler exclusivement dans le village de Tsiviépé, dans la commune Avé 1, le projet pourrait servir de modèle reproductible dans d’autres localités rurales confrontées aux mêmes défis.
La directrice Zéwou Yawavi Akpenè a exhorté la communauté à une solidarité et invité chacun à s’approprier le projet pour le bien être de tous
En plaçant les femmes et les jeunes au cœur de la préservation des ressources naturelles, l’ONG I2DA propose une alternative concrète à la pauvreté rurale et à la dégradation des écosystèmes. Une approche où chaque arbre planté devient un geste pour la vie, un acte de résistance écologique, mais aussi un pari sur l’avenir économique des communautés.





