Malgré leur contribution essentielle à la production agricole au Togo, les femmes continuent de faire face à d’importants obstacles dans l’accès aux ressources productives, notamment à la terre. Les pesanteurs socioculturelles demeurent en effet un frein majeur à leur autonomisation économique et à leur pleine participation au développement agricole.
Cette réalité a été mise en lumière par Konlani Dindiogue , le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique villageoise et du Développement rural du Togo, lors du lancement officiel des activités commémoratives de l’Année 2026, l’année internationale des agricultrices, une initiative destinée à valoriser la place et le rôle des femmes dans le secteur agricole togolais.
Pour illustrer les résistances qui persistent autour des droits fonciers des femmes, le directeur de cabinet du ministère de l’agriculture a évoqué une expérience de terrain au cours de laquelle un responsable local lui avait recommandé de ne pas aborder cette question lors d’une séance de sensibilisation, craignant que les hommes présents ne quittent la rencontre.
Selon le Directeur de cabinet, cet épisode témoigne de la profondeur des barrières culturelles qui continuent de limiter les droits économiques des femmes, notamment en matière d’accès au foncier et aux opportunités de production.
« Si nous n’en parlons pas lors des séances de sensibilisation, à quelle occasion allons-nous le faire ? », s’est-il interrogé, appelant à une mobilisation collective pour faire évoluer les mentalités.
Selon lui, la question de l’accès des femmes aux ressources productives ne saurait être l’affaire du seul gouvernement. Elle nécessite également l’implication des leaders communautaires, des autorités locales, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des médias, invités à jouer pleinement leur rôle de sensibilisation auprès des communautés.
Sur le plan des chiffres, le ministère indique qu’environ 40 % des bénéficiaires de ses interventions sont des femmes. Les femmes cheffes de ménages agricoles représentent quant à elles près de 21 % des ménages agricoles du pays. Plus globalement, les femmes agricultrices suivent la tendance démographique nationale et représenteraient un peu plus de la moitié des acteurs du secteur agricole, soit autour de 51 %, même si les données officielles restent en cours de consolidation.
Le lancement de l’Année des agricultrices intervient dans un contexte particulier marqué également par la célébration en 2026 de l’Année internationale du pastoralisme et des parcours, proclamée afin d’attirer l’attention sur les défis liés à la mobilité pastorale, à la sécurité alimentaire et à la gestion durable des ressources naturelles.
À travers cette initiative, les autorités togolaises entendent non seulement reconnaître la contribution déterminante des femmes à la sécurité alimentaire et à l’économie rurale, mais également accélérer la levée des obstacles qui continuent de limiter leur accès aux ressources productives et aux opportunités de développement.





