À l’issue d’une conférence de presse organisée ce vendredi par l’ONG Les Amis de la Terre–Togo à Lomé, une coalition d’organisations de la société civile, d’associations communautaires ainsi que de réseaux de jeunes et de femmes a adopté une déclaration commune qualifiée d’historique. Ce texte constitue le socle d’une action collective visant à contraindre les entreprises à rendre des comptes et à faire progresser la justice climatique au Togo.
Les participants ont rappelé que les changements climatiques aggravent les inégalités sociales et territoriales. Ils ont souligné que les activités de certaines entreprises continuent de générer pollution et violations des droits humains en toute impunité, et qu’il est urgent d’y répondre de manière structurée et concertée.
La coalition porte l’ambition d’un Togo où les entreprises opèrent dans le respect des droits fondamentaux et des normes environnementales, où les communautés locales participent pleinement aux décisions qui concernent leurs territoires, et où la transition climatique est juste et inclusive.
La déclaration adoptée définit des responsabilités précises pour l’ensemble des acteurs. Les organisations de la société civile s’engagent à renforcer leur action collective, à promouvoir la transparence et à documenter systématiquement les cas de pollution, tout en créant un réseau citoyen national pour la justice climatique.
L’État togolais est invité à intégrer les principes de justice climatique dans le code d’investissement, à garantir une participation citoyenne effective dans l’élaboration des politiques environnementales, à renforcer le suivi des impacts environnementaux et sociaux, et à sanctionner les entreprises responsables de dommages écologiques. Les entreprises, quant à elles, sont appelées à publier des rapports environnementaux et climatiques vérifiables, à respecter les normes internationales et à impliquer les communautés locales dans toutes leurs décisions.
Pour concrétiser cette vision, la coalition propose trois mécanismes structurants : la création d’un cadre national de dialogue multi-acteurs sur la responsabilité des entreprises et la justice climatique, l’instauration d’un observatoire citoyen chargé de suivre et dénoncer les violations environnementales, et le lancement d’une campagne nationale de sensibilisation sur les impacts des activités économiques sur le climat.
Cette mobilisation collective marque un tournant dans la lutte pour la justice environnementale au Togo. Les organisations signataires appellent à une coopération active entre l’État, le secteur privé et la société civile afin de bâtir un avenir où le développement économique ne se fera plus au détriment des populations ni des écosystèmes.





