Dans une logique d’intégration de la dimension environnementale dans la gestion budgétaire, la Direction générale du budget et des finances (DGBF) organise depuis ce lundi 14 juillet à Lomé une série de formations sur le manuel d’étiquetage et de marquage des dépenses du budget vert.
Ce manuel, élaboré localement avec l’appui du PMADS qui vise à guider les ministères et institutions dans l’identification, la classification et la budgétisation des dépenses ayant un impact sur le climat et l’environnement. Le processus a commencé au Togo avec l’assistance technique du FMI.
Une initiative pionnière en Afrique
« Vous savez, le Togo s’est engagé dans un processus de budgétisation verte. En 2024, notre pays est devenu le premier en Afrique à avoir élaboré un document de budget vert », souligne Mme KOUHOUE S. Akouvi Valérie, point focal national de la budgétisation verte.
Elle précise : « Ce travail est basée sur une méthodologie conçue par les acteurs togolais, en l’absence de référence existante sur le continent. Après deux années de travail, il nous a semblé pertinent de formaliser cette méthodologie dans un manuel, désormais appelé ‘manuel de conception du budget vert »

Grâce à l’appui financier du PMADS, financé par la Banque mondiale, ce guide a vu le jour pour offrir un cadre méthodologique clair aux acteurs publics souhaitant s’engager dans une budgétisation sensible à l’environnement.
Former pour transformer
« L’objectif est désormais de former et outiller les parties prenantes à l’utilisation de ce manuel : leur permettre de mieux comprendre la méthodologie d’élaboration du budget vert, ses principes fondamentaux, ainsi que les outils nécessaires pour concevoir un document budgétaire vert ou procéder au marquage climat et environnement dans les budgets nationaux », explique Mme KOUHOUE.

Pendant cinq jours, les participants issus des ministères et institutions vont s’approprier les composantes du manuel, la méthodologie togolaise du budget vert, ainsi que les outils techniques d’analyse budgétaire verte. Une étape essentielle avant le passage à la phase suivante : « L’élaboration proprement dite des budgets verts », précise-t-elle.
L’environnement au cœur du processus
Parmi les participants, M. Dandjesso Yawo Léopold, Chef de division planification au ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, se réjouit de cette dynamique :« Ce qui motive ma participation, c’est avant tout l’importance de la maîtrise des thématiques liées aux changements climatiques. Ces enjeux ne sont plus réservés aux seuls spécialistes : ce sont désormais des sujets transversaux que tous les acteurs ministériels et institutionnels doivent comprendre et intégrer dans leur planification », affirme-t-il.
En tant que ministère de tutelle, il rappelle que l’environnement joue un rôle central dans la démarche :« Nous intervenons ici comme encadreurs techniques, pour aider les participants à bien comprendre les fondements du budget vert, autrement dit, un budget sensible au climat et à l’environnement. Il ne s’agit pas de notions simples ou évidentes. C’est pourquoi nous sommes présents pour les guider dans le marquage budgétaire, ligne par ligne. »
L’ambition est claire : « Permettre à tous les acteurs de s’approprier efficacement les outils de la budgétisation verte, pour une meilleure intégration des enjeux environnementaux et climatiques dans les politiques publiques. »
La formation est sous la coordination de la Direction générale du budget et des finances, avec le soutien du noyau « budget vert », de l’unité de gestion du PMADS. Le conseiller résident du FMI apportera son appui. Cette approche collective reflète la volonté du gouvernement de faire du budget vert un outil stratégique de gouvernance publique durable.





