Le fonio s’impose comme la culture qui défie la sécheresse

À l’occasion du lancement de la première édition du festival du fonio, ouvert ce jeudi et qui s’achève ce samedi 25 avril à Lomé, les producteurs locaux mettent en lumière une céréale longtemps sous-estimée mais aujourd’hui présentée comme une solution d’avenir face aux changements climatiques.

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Parmi eux, Sinda karka un agriculteur de la région de la Kéran (Nord du Togo) , en pleine démonstration sur son stand au Festifonio-1 , partage avec conviction son expérience du fonio, une culture qu’il décrit comme « résistante, autonome et adaptée à nos réalités ».

Selon lui, le fonio se distingue avant tout par sa résilience. « Même en période de sécheresse, la culture tient. Dès les premières pluies, même en février ou mars, elle peut repousser naturellement », explique-t-il. Une caractéristique précieuse dans un contexte où les saisons agricoles deviennent de plus en plus imprévisibles.

Traditionnellement cultivé entre avril et mai, le fonio ne demande que très peu d’intrants. « C’est une culture biologique par nature. Elle n’exige ni engrais chimiques ni investissements lourds », précise le producteur. Une simplicité qui en fait une option accessible pour de nombreux agriculteurs, notamment en milieu rural.

Les épis du fonio, petite céréale africaine ancestrale

Le cycle de production est également relativement court et maîtrisable. Deux semaines après le semis, les premiers travaux d’entretien commencent avec le sarclage, suivis d’un second désherbage deux semaines plus tard. Entre la troisième et la sixième semaine, la plante entre en floraison. « À ce stade, il faut surtout surveiller les oiseaux qui peuvent endommager les cultures », ajoute-t-il.

La récolte intervient environ deux semaines après la floraison. Les méthodes varient : certains producteurs battent immédiatement les récoltes, tandis que d’autres préfèrent laisser sécher les épis avant le battage. Le processus se termine par le vannage, avant la mise en marché.

La qualité des semences

Malgré ces atouts, le producteur pointe un défi majeur : la qualité des semences. « Nous utilisons les mêmes semences depuis des années, ce qui réduit les rendements. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des semences améliorées », insiste-t-il.

Dans les allées du festival, cette préoccupation est largement partagée. Les producteurs espèrent que cet événement servira de tremplin pour attirer l’attention des autorités, des chercheurs et des partenaires techniques sur le potentiel du fonio.

Au-delà de sa résilience agronomique, le fonio bénéficie d’une demande croissante sur les marchés locaux et internationaux, notamment pour ses qualités nutritionnelles. Pour les producteurs de la Kéran, l’enjeu est désormais clair : améliorer la productivité pour mieux répondre à cette demande.

« Si le marché est là et que nous avons de bonnes semences, le fonio peut vraiment changer nos conditions de vie », conclut l’agriculteur, sous le regard attentif des visiteurs venus découvrir cette céréale ancestrale remise au goût du jour.

Dans un contexte de lutte contre l’insécurité alimentaire et les effets du changement climatique, le fonio pourrait bien s’imposer comme l’une des cultures stratégiques de demain au Togo.

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