Éclairer Avetonou avec de l’énergie de bouse

À Avetonou, un village de la région des Plateaux (102 km de Lomé dans la préfecture d’Agou), l’électricité reste un luxe. Mais lors de la seconde édition du Climathon, une idée a émergé. Celle d’un jeune ingénieur en énergie renouvelable togolais, Bruno Gbodjivi, convaincu que les excréments de bétail pourraient devenir une source d’énergie propre pour sa communauté.

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Le projet n’en est encore qu’à ses balbutiements. Mais déjà, dans les couloirs du Climathon édition 2025 – ce concours d’innovations climatiques organisé à Lomé – l’idée fait son chemin.

 Bruno Gbodjivi, la trentaine discret, ingénieur en énergies renouvelables et spécialiste de la biomasse, y a défendu une solution locale, à faible coût et à fort impact : installer des mini-centrales à biogaz dans les villages où l’État peine encore à faire passer les lignes électriques.

À Avétonou, où il a choisi d’ancrer son projet, environ 3 000 ménages vivent sans accès à l’électricité. Pourtant, la ressource est là, abondante : les troupeaux d’éleveurs qui peuplent la région produisent quotidiennement des quantités importantes de bouses, aujourd’hui laissées à l’abandon.

« Elles polluent les environs, favorisent les maladies. Pourtant, elles pourraient alimenter les lampes des maisons voisines », explique-t-il, croquis et données à l’appui.

Loin des grandes infrastructures centralisées, le projet défend une approche décentralisée, modulable. Soixante mini-centrales à biogaz, chacune alimentant une cinquantaine de foyers, seraient progressivement déployées.

Un modèle inspiré de réussites ailleurs sur le continent, notamment en Afrique de l’Est. Le jeune ingénieur sait que le pari est ambitieux. Il n’a ni partenaires, ni financement pour l’instant. Mais l’idée est là. Et surtout, elle répond à une urgence bien réelle. « L’État fait des efforts, mais certaines localités restent oubliées. On peut changer cela avec des solutions adaptées aux réalités locales », plaide-t-il.

Un projet en quête de soutien

Lors du Climathon édition 2025, Bruno n’a pas remporté le premier prix. Mais son initiative a retenu l’attention des organisateurs et de quelques bailleurs présents. L’espoir est désormais de convaincre un partenaire technique ou financier de l’accompagner sur un prototype. À terme, le rêve est simple : que plus un seul enfant d’Avétonou ne fasse ses devoirs à la lumière d’une lampe-tempête.

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