Ces derniers mois, les agriculteurs au Sud du Togo font face à des conditions climatiques particulièrement difficiles, marquées par des poches de sécheresse qui compromettent les récoltes. Face à cette situation, Mme Egbaré Awadi Mewekiwé, ingénieure en agrométéorologie et cheffe du Centre météorologique didactique de Lomé interrogé par notre rédaction, propose des solutions pour renforcer la résilience des producteurs agricoles.
En effet, le Togo enregistre des périodes prolongées de sécheresse qui perturbent le cycle de production agricole. Les cultures sensibles au manque d’eau, comme le maïs et le riz, subissent d’importantes pertes. Mme Egbaré Awadi Mewekiwé explique que ces variations climatiques s’inscrivent dans une tendance de plus en plus marquée, nécessitant une adaptation rapide des pratiques agricoles.
Des pratiques adaptées pour minimiser les pertes
Pour faire face à cette situation, elle recommande d’adopter des cultures plus résistantes au stress hydrique, comme le niébé (haricot blanc), le wandzou et le manioc. Elle préconise également d’éviter le sarclage en période de sécheresse, car cela expose le sol à une évaporation excessive.
De plus, l’usage d’engrais pendant ces périodes est déconseillé, car il peut aggraver la situation des plantes en manque d’eau.
La cheffe du Centre météorologique didactique de Lomé insiste aussi sur l’importance de diversifier les cultures pour éviter les pertes totales dues aux variations climatiques.
L’agroforesterie, qui combine arbres et cultures, permet de mieux conserver l’humidité du sol et de protéger les plantations des conditions extrêmes. Elle souligne par ailleurs l’importance pour les agriculteurs de suivre les prévisions météorologiques et agrométéorologiques fournies par l’ANAMET, afin d’anticiper les périodes critiques et d’ajuster leurs activités en conséquence.
Des solutions plus structurantes pour l’avenir
Pour renforcer durablement la résilience des agriculteurs, des solutions plus larges doivent être mises en place, comme le développement de systèmes d’irrigation, la pratique du paillage pour réduire l’évaporation du sol, et la souscription à des assurances agricoles pour atténuer les pertes économiques.
L’intégration systématique des informations climatiques dans les stratégies agricoles pourrait également jouer un rôle clé dans la sécurisation des récoltes face aux effets du changement climatique.
Grâce à ces recommandations, les agriculteurs togolais peuvent mieux s’adapter aux conditions climatiques extrêmes et limiter les impacts des sécheresses qui, ces derniers mois, fragilisent la production agricole du pays.





