Démystifier l’investissement dans la finance climat

Dans un entretien vidéo accordé à nos confrères de Jeune Afrique en marge de l’Africa Financial Summit (AFIS) à Cassablanca au Maroc, Serge Ekué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), a expliqué comment rendre la finance climat plus attrayante pour les investisseurs privés. Il a insisté sur le rôle crucial des banques multilatérales de développement dans la transition énergétique en Afrique.

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Pour Serge Ekué, il est essentiel de changer la perception des investisseurs sur la finance climat. « Ces secteurs, soutenus par des institutions comme la BOAD, doivent être considérés comme des “lots bêta” : des investissements stables, défensifs et essentiels pour le développement », a-t-il affirmé. Ces placements, bien qu’ils n’offrent pas des rendements spectaculaires, jouent un rôle structurant dans les économies africaines.

Une rentabilité en phase avec la durabilité

Ekué a souligné que les attentes des investisseurs doivent s’adapter aux réalités des secteurs climatiques. « Ce n’est pas Amazon, ni Google, ni le Bitcoin. Investir dans le climat, c’est miser sur des infrastructures durables et résilientes », a-t-il rappelé. Ces investissements, bien qu’ils offrent des retours moins élevés, sont indispensables pour renforcer la stabilité économique et sociale.

Actuellement, l’Afrique n’attire que 5 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables. Serge Ekué considère cela comme un échec collectif. « Une économie florissante repose sur une énergie abordable et des infrastructures solides. Tout ce qui touche au climat est un maillon crucial de ce cercle vertueux », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’une mobilisation accrue vers le continent.

Le Président de la Banque Ouest Africaine pour le Développement (BOAD) a mis en avant le rôle clé des banques multilatérales comme la BOAD dans l’attraction de la finance climat. Ces institutions, selon lui, doivent servir de relais entre les priorités des États, les investisseurs privés et les besoins des communautés. Il a ainsi appelé à une action concertée pour transformer la finance climat en un levier incontournable du développement durable en Afrique.

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