Il y a neuf ans, Vincent Corselis posait pour la première fois ses valises au Togo. Ce Français découvrait alors un pays vibrant, chaleureux, mais aussi confronté à des défis environnementaux urgents. Parmi eux, un problème l’a immédiatement marqué : la pollution plastique. « Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il y a du plastique partout par terre », raconte-t-il, un petit sachet d’eau toujours à la main pour illustrer son propos.
Ce choc initial va devenir un moteur. En juillet 2020, il fonde Apevia (Action pour une économie verte et inclusive en Afrique). L’association se donne pour mission de promouvoir un mode de vie durable à travers la reforestation, la consommation locale et l’éducation environnementale.
En cinq ans, le bilan est déjà significatif : environ dix mille arbres plantés à Lomé, Djagblé, Tsévié et d’autres localités, ainsi que des centaines de jeunes sensibilisés.
Mais pour Vincent, l’essentiel est ailleurs : « Planter des arbres, oui, mais aussi apprendre à mieux consommer, manger sain, éviter les pesticides », confie t-il à Vert-Togo. L’environnement et la santé sont indissociables dans sa vision.
Du terrain de sport à la parcelle d’école
La rencontre avec Naomi Akakpo, athlète togolaise, marque un tournant. Ensemble, ils allient sport et environnement pour parler aux jeunes d’une manière nouvelle. Leur approche : créer des moments interactifs dans les écoles grâce à une vidéo où Naomi pose des questions sur l’environnement, le sport et la nutrition. Les élèves réfléchissent, se trompent parfois, trouvent parfois la bonne réponse et surtout, apprennent.
Jusqu’ici, une centaine de jeunes ont bénéficié de ces sessions. L’objectif est de démultiplier ce nombre dès la prochaine rentrée scolaire, avec un message clair : l’avenir du Togo se prépare dès aujourd’hui, dans les classes, dans les villages et dans chaque foyer.
Pour Apevia, reboiser ne se résume pas à mettre en terre n’importe quelle essence. L’association choisit avec soin les espèces adaptées à chaque région : cassia pour sa robustesse, arbres fruitiers comme l’oranger ou le papayer pour nourrir, moringa et artemisia pour soigner. « Pourquoi ne pas imaginer que chaque école ait son verger, et chaque maison son plant d’artemisia ? » propose Vincent. Ces plantations, pensées pour être utiles et durables, visent aussi à reconnecter les communautés à leur environnement, à leur alimentation et à leur santé.
Objectif 2028 : un chiffre, un symbole
L’horizon d’Apedia est clair : 2028. Ce chiffre est devenu leur fil rouge, en écho aux Jeux olympiques de Los Angeles où Naomi espère représenter le Togo une seconde fois. Chaque année, l’association veut planter 2028 arbres dans chacune des cinq régions du pays.
Au-delà de ce défi chiffré, il s’agit de fédérer : impliquer les écoles, les autorités locales, les familles et les jeunes autour d’une cause commune. Organiser des événements festifs, sportifs et éducatifs, à l’image de ceux envisagés au stade de Kégué, pour unir la passion du sport et l’urgence écologique.
Pour Vincent Corselis, Apevia n’est pas un projet à échéance, mais un mouvement qui doit grandir et se diversifier. Reboiser, former, sensibiliser, promouvoir le consommer local… autant d’actions qui, mises bout à bout, dessinent un Togo plus vert, plus autonome et plus résilient face aux crises environnementales. « Ce n’est que le début », insiste-t-il. Et à voir la détermination de l’équipe, on comprend vite que ce n’est pas une promesse en l’air.





