La ville tricentenaire d’Aného accueille, du 1er au 3 décembre 2025, la deuxième édition du Forum de l’Eau et de l’Environnement du Mono (FEEM). L’événement a été officiellement lancé ce lundi 1er décembre par le Secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’assainissement.
Portée par la Commune des Lacs 1 et coorganisée avec le soutien du Programme Solidarité Eau (PS-Eau) et du Conseil de Concertation Eau Hygiène Assainissement de Base au Togo (CCEABT), cette édition est placée sous le thème : « Favoriser les échanges techniques et institutionnels pour améliorer la gestion locale des services essentiels et l’atteinte des ODD ». Le forum vise à consolider la gouvernance locale des services essentiels en encourageant le partage d’expériences et l’apprentissage mutuel.

Il ambitionne d’améliorer la gestion intégrée des ressources en eau, de promouvoir une gestion durable des déchets, d’assurer la pérennité des services en milieu rural comme urbain, et de renforcer la coopération décentralisée afin de contribuer efficacement à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Pour Émile Atigaku, Président du conseil d’administration du CCEABT, les enjeux restent majeurs. « Les défis sont immenses, aussi bien en matière d’accès universel à l’eau potable que dans la gouvernance locale des services. Les communes rurales, les petites villes et les villes secondaires sont souvent en première ligne. Ce forum est une opportunité publique de mettre en commun nos expériences, de confronter nos pratiques et de bâtir ensemble des solutions adaptées aux réalités locales, tout en s’inspirant des réussites observées en Afrique et en Europe ».
Cette deuxième édition réunit des participants venus d’Afrique et d’Europe, notamment du Togo, du Bénin, du Cameroun, du Tchad, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal, de Madagascar et de la France. Leur présence souligne l’importance de la coopération internationale dans la gestion durable des ressources en eau et de l’environnement.
L’urgence d’agir pour atteindre les ODD
Le Maire-Sénateur de la commune des Lacs 1, Me Alexis Coffi Aquereburu a rappelé que la gestion des services essentiels ne peut se concevoir qu’à l’échelle locale. « Les services d’eau potable, d’assainissement et de gestion des déchets doivent être pensés, pilotés et surtout pérennisés localement, avec l’appui de tous les acteurs. L’eau, l’assainissement et l’environnement ne sont pas des biens ordinaires : ce sont des droits fondamentaux et des piliers de la cohésion sociale ».

Un constat partagé par Philippe Mouton, chargé d’Etudes PS-EAU France, qui souligne l’ampleur des efforts encore nécessaires pour atteindre l’ODD 6.
« Les taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement restent insuffisants. À quelques années de l’échéance 2030, nous sommes encore loin d’une couverture universelle. Il faut continuer à développer les infrastructures d’eau, d’hygiène, d’assainissement et de gestion des déchets pour garantir des services inclusifs et performants. La gestion intégrée de la ressource en eau constitue également un défi majeur : il s’agit de préserver cette ressource, de limiter sa pollution et de garantir sa disponibilité en quantité et en qualité ».
Au terme du forum, une résolution commune appelée “acte d’Aného” est attendue. Elle devrait fixer les grandes orientations pour améliorer la gestion de l’eau et de l’assainissement au niveau des collectivités territoriales. Un cadre partagé qui devra donner suite aux échanges et poser les bases d’actions concrètes pour les années à venir.
Par Akissa yotou ASSENOUWE de retour d’Aného pour Vert-Togo





