Dans la commune de Vo 1, au sud du Togo, elles étaient une trentaine de femmes leaders et figures communautaires réunies, le 3 juillet dernier, autour d’un atelier organisé par l’ONG FEDIA (Familles engagées pour le développement inclusif en Afrique) et le réseau ESUNENE – Zéro Violence.
Avec le soutien de l’organisation panafricaine Speak Up Africa, dans le cadre du projet « Voix Essentielles », cette rencontre avait pour objectif de renforcer les capacités des participantes sur les liens complexes entre changement climatique et santé des femmes, tout en plaidant pour leur implication active dans la gouvernance environnementale locale.
Les discussions ont mis en lumière une réalité trop souvent ignorée : les bouleversements climatiques aggravent des problèmes de santé déjà prégnants chez les femmes, allant des troubles menstruels aux crises d’anxiété, en passant par la malnutrition et la difficulté croissante d’accès aux soins.
« Nous avons mis en lumière comment le changement climatique touche de manière disproportionnée les femmes, notamment leur santé reproductive », a déclaré Mme BEDOU Ablavi, de l’ONG FEDIA. Durant des sessions de travail en groupe, les participantes ont partagé des récits poignants de récoltes perdues, de stress permanent et de charges accrues dans les foyers.
À travers ces témoignages, un constat s’impose : la crise climatique n’est pas une abstraction, elle se vit dans le corps, dans l’assiette et au quotidien. Mais au-delà du diagnostic, cet atelier portait une ambition forte : inciter les femmes à devenir actrices et non simples victimes ou spectatrices des décisions liées au climat.
« Il est impératif que les femmes soient actrices de la gouvernance climatique, car elles vivent chaque jour les conséquences du dérèglement climatique », a martelé WUSU Koku Léopold, consultant et formateur, devant une assemblée attentive.
L’événement a reçu un appui officiel remarqué : le Directeur préfectoral de l’Environnement, KATITCHE Tchaa, a encouragé les participantes à s’impliquer davantage pour protéger leur environnement et préserver leur santé. De son côté, le chef-canton de Vo-koutimé, Togbui AKOUETE ZOUMEKE AKAKPO II, a salué l’initiative et encouragé les femmes à jouer un rôle central dans le développement local.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par AMEGAN-DZAKA Koffi Eugène, Administrateur représentant le préfet de Vo, confirmant ainsi la dimension institutionnelle de cet engagement.
L’atelier s’inscrit dans une dynamique régionale plus large : le projet « Voix Essentielles », lancé en 2021, est déjà actif en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal, et s’étend désormais au Togo et au Bénin.
Selon Sandro AGBELI, superviseur communautaire, dix organisations togolaises bénéficient actuellement du programme coordonné par la COFET. À Vo 1, le projet est porté par le consortium FEDIA et ESUNENE, avec un accent particulier sur l’inclusion des femmes dans les mécanismes locaux de résilience climatique.
Avec eplusmedia.tg





