Un outil innovant pour mieux évaluer la nutrition en agriculture

Face à la persistance des défis liés à la malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre, malgré l’introduction de nombreuses innovations agricoles, un nouvel outil d’évaluation est en cours de validation au Togo. Porté par le CORAF, cet instrument ambitionne de mesurer de manière concrète l’impact nutritionnel des pratiques et technologies déployées dans la région.

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Développé avec l’appui d’experts, dont le Dr Sédo Eudes L. Anihouvi, Directeur de la Recherche et Développement et consultant pour le CORAF, cet outil répond à une préoccupation majeure : comprendre pourquoi, malgré les efforts consentis, certains indicateurs nutritionnels demeurent préoccupants.

« Nous partons du constat que plusieurs technologies ont été introduites, mais les indicateurs de malnutrition restent encore dans le rouge. Il devient donc essentiel d’évaluer leur véritable impact nutritionnel et d’identifier les ajustements nécessaires », explique le Dr Anihouvi.

L’outil se distingue par son approche intégrée et holistique. Il permet d’analyser les technologies tout au long de la chaîne de valeur, du champ jusqu’à la table du consommateur. L’objectif est de détecter les maillons faibles susceptibles d’altérer la qualité nutritionnelle des produits, notamment lors des étapes de transformation, de transport ou de distribution.

Concrètement, l’outil repose sur un ensemble d’indicateurs rigoureusement définis, inspirés des directives d’organisations internationales telles que la FAO, l’UNICEF et l’OMS. Une matrice de pondération a également été mise en place afin de quantifier les performances des technologies selon différents critères, qu’il s’agisse de leur impact nutritionnel, de leur applicabilité sur le terrain ou encore de leur mode de diffusion.

Au-delà de la simple évaluation, cet instrument se veut un véritable outil d’aide à la décision. « L’idée est de pouvoir identifier précisément les maillons de la chaîne de valeur sur lesquels agir, afin que les technologies introduites contribuent réellement à la réduction de la malnutrition », souligne le Dr Anihouvi.

L’exemple de la patate douce à chair orange illustre bien cette problématique. Si les performances agronomiques et la richesse en nutriments comme le bêta-carotène sont avérées au niveau de la production, ces acquis peuvent être compromis par des pratiques de transformation inadéquates. D’où l’importance d’une approche globale intégrant toutes les étapes, de la production à la consommation.

En intégrant les dimensions liées non seulement aux carences en micronutriments, mais aussi aux maladies chroniques comme l’obésité, l’outil adopte une vision élargie de la malnutrition. Il permet ainsi d’orienter les interventions vers des solutions plus durables et adaptées aux réalités locales.

La validation de cet outil au Togo marque une étape clé vers une meilleure prise en compte de la nutrition dans les politiques et programmes agricoles. À terme, il pourrait contribuer à renforcer l’efficacité des innovations et à accélérer les progrès dans la lutte contre la malnutrition en Afrique.

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