COP28: Adapter les marchés financiers aux changements climatiques

Au-delà des engagements nationaux, bilatéraux et multilatéraux essentiels sur le plan des mesures publiques de lutte contre les changements climatiques, le défi majeur consiste à tirer parti des immenses ressources et de la capacité d’innovation des marchés financiers pour favoriser la transition vers une économie bas carbone et résiliente.

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Les investisseurs privés ont besoin de visibilité et exigeront plus que jamais une action publique très cohérente et de solides institutions capables de garantir la transparence et des structures pérennes, tout en traitant les problèmes socio-économiques avec les compromis nécessaires.

Comment le marché financier régional peut accompagner la nouvelle dynamique de financement des projets identifiés au niveau de nos États pour pouvoir atténuer ou s’adapter à ces changements climatiques que nous subissons tous? La réponse à cette question   a fait l’objet d’un panel avec des experts des marchés financiers au pavillon de la Banque ouest Africaine pour le développement (BOAD) ce vendredi à Dubaï.

Invité à ce side event le Dr Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM a indiqué que la bourse des valeurs a la possibilité d’accompagner les états Africains en cette période de   crise climatique.

« Vous savez, les marchés de capitaux ont toujours accompagné les économies dans les phases critiques, parce que c’est vraiment l’endroit où on trouve des ressources à long terme pour du financement à long terme. Aujourd’hui, la question du financement durable a tellement pris de l’importance qu’au niveau international, on a enregistré une dynamique assez forte. Des missions obligataires, vertes ou durables pour pouvoir financer les projets. Et la tendance est tellement à la hausse que, naturellement, notre continent est  un peu en retrait par rapport à cette dynamique. », a t-il confié à Vert-Togo.

Optimiser l’accès aux financements pour l’action climatique, un challenge !

Il souligne: « Les besoins sont énormes. Ces besoins sont chiffrés à plus de380 milliards par an au niveau de nos pays, et seulement 10% de ces besoins sont, je dirais, financés. Il y a un gap de 98%. Donc, ce qu’il faut faire, c’est comment utiliser les marchés locaux. Et la BRVM et le marché financier régional ont déjà prouvé en 25 ans qu’ils sont capables de permettre la mobilisation de ressources par les États et le secteur privé pour le financement de nos économies. », rassure t-il.

Aussi précise t-il « Aujourd’hui, la taille de notre marché obligataire, pour ne citer que ce marché, est d’environ 10 000 milliards de francs CFA. Donc, on a cette capacité. »

Réussir le pari du développement durable

Pour le Dr même si c’est une possibilité, il y a quand même des conditions à remplir.

« Alors, les préalables, c’est d’abord que les États adoptent une politique générale permettant de favoriser le financement de la question climatique par le marché financier régional. Donc, créer un cadre favorable, pas des incitations, pas des mesures d’accompagnement qui permettent aux émetteurs, aux investisseurs de porter une attention particulière à ce marché. Secundo, le régulateur du marché doit créer un cadre réglementaire renforcé en matière de transparence et de reporting pour rassurer les investisseurs qui vont mettre l’argent dans ce type de produit. C’est extrêmement important. C’est à cette seule condition que ce type de marché se développe. », explique t-il.

Selon ses explications, si les investisseurs sont rassurés que les projets sont effectivement verts,  leur impact est mesurable.

Et conseille t-il «  Il faut sensibiliser nos investisseurs institutionnels: caisse de retraite, compagnie d’assurance, caisse de dépôt et de consignation à s’engager dans la démarche de soutenir les émissions durables. Peut-être que ces émissions payent moins que les émissions traditionnelles, mais il faut effectivement que la prise de conscience de l’investisseur soit en mesure de faire un travail de protection. »

COP28/Finance climat : Impliquer le secteur privé dans le développement des Etats

La BOAD, pionnière du financement des émissions durables

Mme Gnékélé GNASSINGBE. Directrice du Département de la Trésorerie et des Marchés de Capitaux de la BOAD a partagé l’expérience en ce qui concerne la BOAD dans le financement des émissions Vert et Social ainsi que les émissions ISJ (d’indice d’inflation sous-jacente)

« En 2021, une émission de l’indice d’inflation sous-jacente (ISJ) d’un montant de 750 millions d’euros sur le marché financier international a connu un énorme succès. Nous sommes en train de regarder sur le marché financier régional comment nous pouvons structurer et également procéder à une émission similaire. »,a-t-il confié.

Et de conclure « La BOAD dispose également de ressources obtenues auprès de bailleurs de fonds. Vous savez également que la BOAD est accréditée aux trois principaux fonds climat. Ces ressources sont à la disposition de nos États pour le financement de leurs projets verts.»

Il faut noter que c’est pour structurer ces projets verts que la BOAD lors de cette 28ème Conférence a lancé un fonds d’études pour le climat.

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