Togo/Médicaments : comment réduire l’impact sur l’environnement ?

Alors que le Togo comme le Bénin et le Nigéria assistent à l’écoulement  des faux  médicaments sur les marchés en plein air, souvent sur des bâches en plastiques posées au sol, les pistes pour réduire l’impact de ces derniers sur l’environnement sont nombreuses. À suivre, car environnement et santé sont profondément liés…

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De la production de médicaments moins polluants aux conditions de recyclage, il existe des solutions pour réduire l’impact des traitements médicamenteux sur notre environnement. Pourtant, de nombreux efforts restent à fournir de la part des particuliers, des laboratoires mais aussi des structures hospitalières et des centres de recyclage. Explications et petit tour d’horizon des actions à mettre en œuvre.

Comment les médicaments impactent l’environnement?

 La question du recyclage des médicaments est essentielle car les médicaments non traités spécifiquement peuvent se retrouver indirectement dans l’eau potable ou dans notre alimentation quotidienne ! Des résidus de médicaments vétérinaires ont ainsi été retrouvés dans des petits pots pour bébé à base de viande en Espagne, en dépit de la « tolérance zéro » prônée par la Commission européenne.

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Comment est-ce possible ? Concrètement, les médicaments périmés ou non utilisés qui sont jetés aux ordures ménagères sont incinérés ou enfouis selon le traitement des déchets de votre région. Lorsqu’ils sont enfouis, les résidus de médicaments passent dans les nappes phréatiques et se retrouvent dans les sols et l’eau.

« Aujourd’hui, le grand public comme les structures hospitalières restent peu sensibilisés à l’impact des médicaments résiduels dans l’eau, l’air et les sols. Le recyclage chez le pharmacien n’est pas automatique et aucun consensus n’a été trouvé au niveau national pour recycler les médicaments périmés des structures hospitalières, en dehors d’une élimination avec les DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) qui est onéreuse », explique , un acteur de la société civile togolaise qui a préféré  garder l’anonymat.

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Face à ce manque de sensibilisation, le chef de l’état togolais, Faure Gnassingbé  lors du sommet du trafic des faux médicaments tenu la semaine dernière à Lomé   a affirmé qu’il  est impérieux  que les  africains s’emparent de ce problème.

« «Nous nous emparons nous-mêmes  du problème des faux médicaments et de leur trafic ; un fléau dont notre continent est la première victime et dont les conséquences sont dramatiques pour nos populations. Le trafic des produits médicaux falsifiés tue aujourd’hui un million de personnes par an dans le monde, particulièrement en Afrique. Qui pourrait tolérer que plus de 120.000 enfants de moins de cinq ans perdent la vie chaque année à cause des médicaments falsifiés censés les guérir ? L’ampleur du trafic est telle que, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la proportion de faux médicaments représenterait sur notre continent 60% des produits médicaux en circulation. », a-t-il affirmé.

Et de souligner «  L’Afrique doit prendre en main son destin et s’engager dans la lutte contre ce trafic mortifère. »

Des résidus dans l’eau des WC

La question des traces de médicaments dans les excréments pose aussi problème. En effet, qu’on le veuille ou non, une part des médicaments que l’on ingère se retrouve dans nos excréments. L’eau des toilettes passe dans les égouts puis dans les stations d’épuration, mais ces dernières ne peuvent pas traiter tous les résidus de médicaments.

Le bon sens nous invite à penser que consommer des résidus de médicaments à travers la nourriture et l’eau est néfaste pour la santé. D’un point de vue strictement scientifique, les effets directs et indirects restent cependant difficiles à analyser. Le PNRM 2011 (Plan National sur les Résidus de Médicaments) s’est emparé du sujet mais conclut seulement à la nécessité de faire des études plus approfondies¹…

Les pistes à explorer pour réduire l’écotoxicité

Il faudrait mettre en place un outil qui permet aux prescripteurs, à effet thérapeutique équivalent, de choisir des médicaments moins persistants dans l’environnement, moins bio-accumulables et moins toxiques. Si l’amélioration du système de reprise des produits pharmaceutiques inutilisés ou périmés -pour atteindre au moins 90 % de récupération- reste un véritable défi, les solutions sont donc aussi du côté de la recherche : les laboratoires ont intérêt à concevoir des produits moins toxiques.

Enfin, le bon sens reste le meilleur allié de l’environnement. En effet, la première chose à faire pour réduire l’impact des médicaments sur l’environnement est tout simplement de repenser à la baisse, quand cela est possible, la prescription de médicaments et l’automédication.

Pour rappel ils sont au total sept chefs d’État africains (Togo, Congo-Brazzaville, Ouganda, Niger, Sénégal, Ghana, Gambie) qui se sont réunis  ce  samedi 18 janvier au Togo, pour signer l’« Initiative de Lomé« . Un accord international, visant à criminaliser le trafic de faux médicaments, responsable de plus de 100 000 morts par an en Afrique, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Kofi Meser

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