Sortie des USA de l’Accord de Paris : opportunité ou menace pour la finance climat

La décision des États-Unis de se retirer de l’Accord de Paris, signé en 2015, a suscité de vives réactions à travers le monde. Toutefois, selon Éric Amoussou, Responsable des projets climat à la Banque Ouest Africaine pour le Développement (BOAD), cette annonce ne doit pas être perçue comme une catastrophe pour les pays africains, notamment ceux de la zone UEMOA. Il y voit plutôt une occasion de repenser les mécanismes de financement climatique et de renforcer les initiatives locales.

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Pour Éric Amoussou, les problématiques climatiques vont bien au-delà des contributions financières internationales. « Les problématiques climatiques sont avant tout des enjeux de développement durable. Nos populations et nos industries ont besoin d’une énergie produite à partir de sources renouvelables et à moindre coût. Notre agriculture, qui ne peut plus dépendre uniquement de la pluviométrie, doit évoluer pour nourrir efficacement des millions de personnes et de bétail. Enfin, des techniques innovantes doivent être mises en œuvre pour protéger les communautés et les écosystèmes des aléas climatiques tels que les inondations, l’érosion côtière ou encore les sécheresses prolongées. »

Selon lui, la finance climat incarne ces ambitions, en intégrant des solutions globales pour un avenir durable dans les pays en développement. Il ajoute que, malgré le retrait des États-Unis, les efforts de la BOAD et de ses partenaires se poursuivent avec la même détermination : « La BOAD continue de mobiliser des ressources, d’investir dans des projets structurants et d’accompagner les promoteurs dans la mise en œuvre de leurs initiatives. Notre engagement reste inchangé. »

Cette situation, bien qu’inquiétante à première vue, est également une opportunité pour les pays de l’UEMOA. « Les États-Unis hors de l’Accord de Paris représentent certes une source de financement en moins, mais cela doit nous pousser à améliorer la gouvernance des ressources financières disponibles, à renforcer l’efficacité des Unités de Gestion des Projets et à encourager les entreprises à travailler avec plus de rigueur dans la réalisation des travaux. »

En se projetant vers l’avenir, Éric Amoussou met en lumière les opportunités à saisir lors des prochaines grandes échéances climatiques, comme la COP30 : « Cette nouvelle donne est l’occasion pour les négociateurs sur le climat de retrousser leurs manches et de travailler à un nouvel accord, plus inclusif et plus ambitieux. »

Plutôt que de se laisser abattre par cette décision, l’Afrique de l’Ouest a l’occasion de réaffirmer son engagement dans la lutte contre le changement climatique, tout en construisant un modèle de développement résilient et durable.

 Pour Éric Amoussou, cette période de transition est aussi un appel à l’action pour tous les acteurs, qu’ils soient étatiques, privés ou issus de la société civile, afin de bâtir une réponse climatique à la hauteur des enjeux actuels.

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