Paléontologie, un patrimoine de la biodiversité du passé
La paléontologie est une « machine à remonter le temps » qui permet aux autres sciences de découvrir le temps géologique et qui permet à chacun d’entre nous de s’engager dans des aventures imaginaires dans le passé de le Terre (Ward, 1998). La beauté de cette machine réside dans le fait qu’elle est mise en mouvement par des éléments apparemment simples : les fossiles et les roches qui les contiennent.
La biodiversité quant à elle occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante dans les préoccupations des scientifiques, de l’opinion publique et du monde politique. Protéger la biodiversité est devenu impératif. Les formes de vie qui existent aujourd’hui sur notre planète sont celles d’un instant; leur évolution, leur disparition, ne sont intelligibles que si on les replace dans leur très longue histoire. D’après Neague (2010), pour retracer l’histoire de la biodiversité et pour l’analyser, il faut faire appel aux fossiles qui sont les clés de sa compréhension et de son évolution. Comme tous les éléments de notre environnement, les fossiles sont cependant fragiles et cette mémoire du passé peut s’effacer complètement. Certains gisements fossilifères ont ainsi disparu pour diverses raisons : exploitation minière, érosion, urbanisation, désintérêt des instances publiques, pillage…
Ainsi, dans le cadre des liens institutionnels et scientifiques réunissant depuis plusieurs années l’Université de Lomé et la carrière de SCANTOGO, des actions communes visant à valoriser la mémoire de la Terre en général et du Togo en particulier ont été entreprises entre SCANTOGO et le chercheur Postdoctoral, Dr. Amoudji Yawovi Zikpi. Cette collaboration a été structurée en deux étapes. La première étape (année 2022), était consacrée à la description géologique (suivi de prélèvements d’échantillons pour analyses) et à une prospection et fouille systématique des couches géologiques de la carrière de SCANTOGO et WACEM.
La deuxième étape (année 2023) se poursuit avec les travaux de prospections et fouilles, au dégrossissement et nettoyage des spécimens découverts sur les sites, au tri de microfossiles à la loupe, à la réalisation de posters et aux expositions.
ETATS DES LIEUX
Les travaux effectués par Dr. Amoudji et son équipe aucours de ces deux années, avec l’appui des géologues du Département de géologie de l’Université de Lomé et des chercheurs du Laboratoire de l’Institut des Sciences et de l’Evolution de Montpellier (France), ont conduit à la découverte de plusieurs fossiles constitués d’invertébrés avec plus de 2 000 spécimens, de Vertébrés qui rassemblent plusieurs centaines d’espèces en grande partie représentées par des poissons, des crocodiles et des tortues. Une collection de microfossiles représentée surtout par des foraminifères et des ostracodes.
Plusieurs de ces spécimens sont en cours d’étude. Certains sont étiquetés et exposés à SCANTOGO et à l’Université de Lomé accompagnés de posters. Les travaux de prospections et de fouilles qui constituent en même temps une veille scientifique dans les carrières continuent. Les gros spécimens découverts (plaques de tortues et restes de crocodiles etc…) sont en cours de dégrossissement. Les plus petits sont nettoyés et exposés sur des étagères ou stockés dans des cartons. Les microfossiles triés sont classés dans des armoires.
DEVENIR DES FOSSILES DECOUVERTS
D’après Dr. Amoudji, pour capitaliser ces recherches entreprises par Dr. Lionel Hautier (Directeur de recherche au CNRS à Université de Montpellier) depuis 2016 au Togo, Il devient nécessaire de mettre en place une salle de collection de roches et de fossiles (parmi lesquels un grand nombre ont une valeur patrimoniale exceptionnelle), à l’Université de Lomé ou d’un Musée de géologie et de paléontologie ou d’un géo parc dans la région de Tabligbo. Il faut également proposer des ateliers scientifiques pour sensibiliser les dirigeants mais aussi le grand public vers les fossiles, témoins de l’histoire de la Terre ainsi que leur valeur scientifique et éducative en donnant aux collections un rôle principal dans la formation (Enseignement pré-universitaire et des futurs géologues). Enfin continuer les recherches pour enrichir la collection et en faire une référence dans la sous-région.





