La régression et la dégradation sont des processus d’évolution associés à une perte d’équilibre d’un sol antérieurement stable. Ce type de dégradation s’observe par une coupure anarchique d’arbres et une utilisation accrue de pesticides.
A Waragni , un canton qui se trouve à une vingtaine de kilomètres dans la préfecture de Blitta, région centrale du Togo , la marginalisation des sols constitue une grande menace dû à la première source d’énergie en général qui est le bois. Malheureusement aucune action n’a été mise en place pour préserver l’environnement et le cadre de vie des habitants. Explications.
Autrefois, Waragni était une ville coquette remplie d’arbres. Mais, cette localité est aujourd’hui menacée par la dégradation de son environnement.
La coupe d’arbres, utilisée comme du bois de chauffe ou de construction d’abris pour les hommes et le bétail, ainsi que le défrichage et le labour des champs de manière incontrôlée ont entraîné une dégradation avancée de l’environnement de la localité. Par ailleurs, les sols sont lessivés par les réchauffements climatiques. Les champs de culture sont devenus comme des pistes d’atterrissage, où rien ne pousse.
Restauration des sols
Pour faire face à cette situation, Dahoun Komivi, l’un des 30 jeunes Togolais qui ont été primés, lors du deuxième concours du Programme de l’Incubateur Libres Ensemble de Projets Sociaux Solidaires et de Service à la Communauté par l’OIF veut mettre en place un projet qui vise à une émancipation économique et sociale de la communauté à travers la valorisation des terres marginalisées.

A en croire, le jeune Togolais très amoureux de l’environnement qui se préoccupe de la situation des populations de la localité, il serait important de mettre en valorisation les terres marginalisées.
« Nous avons constaté qu’en général suite aux réchauffements climatiques plusieurs terres sont délaissées dans la localité. Cela est aussi constaté par l’usage des pesticides par les paysans qui dégradent les sols et l’abattage anarchique des arbres pour en faire du bois, principale activité de revenue de la localité. Donc nous nous sommes dits que ces terres peuvent etre valorisés. Puisque la dite communauté est l’une des communautés qui vivent cette situation, il y a des lustres » Confie-t-il.
Et de poursuivre « Pour revaloriser ces terres, nous avons pensé à une mise en terre des arbres fruitiers notamment des manguiers, des orangiers,etc…) et le système d’irrigation seront distribués gratuitement aux agriculteurs. Ceux-ci s’engageront à creuser un puits sur leur exploitation afin d’être autonomes pour l’arrosage, et à clôturer leur champ à l’aide d’arbustes épineux pour protéger les arbres des animaux sauvages »
« Imaginons 500 000 arbres fruitiers plantés (l’équivalent de 2500 hectares) pour 5200 familles bénéficiaires ceci va leur permettre de sortir de la misère. Chaque famille peut recevoir en moyenne 60 arbres. Le rendement d’un manguier de sept ou huit ans s’élevant à 400 kg de mangues par an, les familles ont de quoi se nourrir et se rémunérer. Les premières années, leur revenu annuel sera multiplié par trois et par près de dix lorsque les arbres sont à maturité » indique-t-il.
Il ajoute « les arbres poussent deux fois plus vite et le procédé fonctionne avec toutes sortes d’arbres. Sous un ensemble de 3000 arbres par exemple, la température peut baisser de 10 °C. La vie micro-organique y est favorisée et des orangiers peuvent s’y installer naturellement. Ce projet s’inscrit non seulement dans la lutte contre la désertification, mais également dans celle contre la pauvreté et contre l’exode rural. Ceci mettra fin à la coupure anarchique des bois car les arbres fruitiers sont fréquemment utilisés » conclu-t-il.
Il faut préciser que le Jeune Togolais va défendre son projet en question lors de la conférence Internationale sur la Désertification qui va se dérouler au Niger.
Hector Nammangue





