Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le surpoids, indice de masse corporelle (IMC) de 25, concerne 1,4 milliard de personnes de 20 ans et plus. Parmi elles, quelque 640 millions sont obèses (IMC égal ou supérieur à 30). Environ 110 millions d’enfants sont aussi concernés. Au Togo, selon l’enquête STEPS, 6,2% de la population étaient des obèses et 15,4% sont en surpoids.
Les personnes souffrant d’obésité voient leur flore intestinale se dérégler. Les clostridies, bactéries anaérobies à métabolisme fermentaire productrice de toxines, sont plus nombreuses et produisent des composés qui favorisent le développement de cancers. Le surplus de graisse peut favoriser les inflammations et entraîner une surproduction d’œstrogène, de testostérone et d’insuline, autant de sécrétions pouvant alimenter la croissance d’un cancer.
Dans une étude publiée dans la revue médicale « The Lancet Oncology » et conduite par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’agence pour le cancer de l’OMS, estime que le surpoids et l’obésité sont devenus un risque majeur, responsables de 3,6 % (environ 481.000 cas) de l’ensemble des nouveaux cas de cancers des adultes. L’Afrique subsaharienne est la région qui contribue le moins à ce bilan (7.300 cancers).
100.000 cancers évitables en gardant un poids moyen
L’étude montre que cette relation entre cancer et obésité touche plus les femmes que les hommes, en grande partie à cause des cancers de l’endomètre, muqueuse de l’utérus, et des cancers du sein après la ménopause.
Chez les hommes, l’excès de poids est responsable de 1,9 % (136.000) des nouveaux cas de cancers en 2012 et de 5,4 % (345.000) chez les femmes. Les cancers de l’endomètre, du côlon et du sein après la ménopause représentent près des trois-quarts (73 %) de l’ensemble des nouveaux cas de cancers annuels liés à l’obésité chez les femmes. Tandis que chez les hommes, les cancers des reins et du côlon comptent pour les deux tiers (66 %). Un quart de ces cancers attribuables au surpoids et à l’obésité dans le monde, soit plus de 100.000 cas, aurait pu être évités si les populations concernées avaient simplement conservé leur poids moyen d’il y a 30 ans, d’après les auteurs
Des risques accrus pour huit autres types de cancers
Selon un compte-rendu du Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC), basé à Lyon, paru en août 2016, le surpoids peut aussi accroître le risque de cancer de l’estomac, du foie, de la vésicule biliaire, du pancréas, des ovaires et de la thyroïde. Il entraîne également le risque de méningiome, un cancer du cerveau et de myélome, atteint de la moelle osseuse.
« Le fardeau du cancer dû au surpoids ou à l’obésité est beaucoup plus important que ce que l’on pensait auparavant. De nombreux cancers récemment identifiés comme étant liés à un excès de poids ne figuraient même pas sur les radars comme ayant un composant « poids ». Des éléments d’hygiène de vie comme un régime alimentaire équilibré, une stabilité pondérale et de l’exercice physique, en plus de ne pas fumer, peuvent avoir un effet important pour réduire le risque de cancer », a expliqué Graham Colditz, Président du groupe de travail du CIRC.
Source : « Futura Sciences »





