À la veille de l’ouverture de la 30e Conférence des Parties (COP 30) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui a démarré ce lundi 10 novembre 2025 à Belém au Brésil, l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a tenu à Belém, ce dimanche 9 novembre 2025 un atelier préparatoire francophone à l’intention des négociateurs, négociatrices et représentant·e·s de la société civile.
Cet espace d’échanges et de renforcement des capacités a permis aux délégations francophones de faire le point sur les grands enjeux de la COP 30, mais aussi de préparer une participation coordonnée et stratégique dans les négociations climatiques à venir.
Un moment de bilan et de lucidité
Dans son allocution d’ouverture, Issa Bado, spécialiste de programme à l’IFDD, a rappelé que la COP 30 devait être perçue avant tout comme un moment de bilan et d’évaluation : « Avec l’Accord de Paris, les bases ont été posées pour stabiliser la hausse des températures mondiales à des niveaux acceptables. La COP 30 de Belém représente pour nous avant tout un moment de bilan, le bilan de trente années de négociations sous la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Mais c’est surtout la COP du bilan de l’action, celle de l’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et, plus encore, de son efficacité réelle. »

Pour le spécialiste de programme à l’IFDD, les citoyens et citoyennes, souvent éloignés des processus diplomatiques, ne distinguent pas les négociations internationales des résultats concrets sur le terrain.
Il souligne que les meilleures décisions n’ont de valeur que si elles sont accompagnées de moyens réels et rapides d’application. « Les décisions adoptées dans le cadre de l’Accord de Paris ont-elles été réellement efficaces ? Ont-elles transformé le visage de l’action climatique sur le terrain ? », a-t-il interrogé, invitant les délégués francophones africains à un examen lucide des résultats obtenus depuis dix ans.
« Nos populations vivent déjà les conséquences », la voix d’une négociatrice togolaise
Parmi les participantes, Abidé Abalo jeune femme négociatrice de l’Institut Francophone pour le Développement Durable (IFDD) venue du Togo, membre du groupe francophone sur l’adaptation, a tenu à rappeler l’enjeu vital que représente cette COP pour les pays africains : « Nos populations vivent déjà les conséquences du dérèglement climatique : les inondations, la perte des récoltes, les déplacements forcés. Quand nous venons négocier ici, ce ne sont pas des chiffres que nous portons, mais des vies. »

Pour elle, la solidarité francophone est un atout stratégique dans un contexte où les voix africaines doivent être mieux entendues : « Ce type d’atelier est crucial. Il nous permet de comprendre les textes, d’analyser les rapports, mais surtout de coordonner nos positions pour parler d’une seule voix. Car une position claire et commune, c’est déjà une force dans une négociation. »
La jeune diplomate insiste également sur la nécessité d’une mise en œuvre plus équitable des engagements pris depuis Paris : « Dix ans après, l’ambition doit redevenir réelle. Nous ne pouvons plus nous contenter de promesses sans moyens. Il faut des financements, de la technologie et du transfert de savoir-faire. Sans cela, l’adaptation restera un mot vide pour nos communautés. »

Notons que pour appuyer les échanges, plusieurs experts francophones et partenaires techniques ont été invités. Leurs interventions ont permis d’éclairer les enjeux thématiques de la COP 30, d’analyser les résultats de la COP 29 et de situer les avancées attendues à Belém.
Des spécialistes de Climate Analytics ont partagé leurs analyses scientifiques, tandis que d’autres experts ont contribué à la mise à jour du Guide du Négociateur et à la rédaction de notes techniques utiles aux délégués.
Ces apports ont permis de nourrir un dialogue constructif entre diplomates, scientifiques et acteurs de la société civile, pour construire des positions francophones cohérentes face aux blocs de négociation.
Par Hector NAMMANGUE depuis Belém (Brésil) pour Vert-Togo





