Lors de la première session plénière d’ouverture de la seconde conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones à Abidjan, le président du Réseau des journalistes scientifiques de l’Afrique francophone (RJSAF), Kossi Balao, a exhorté les médias à s’approprier le concept de « One Health ». À ses yeux, cette approche transversale mérite une meilleure place dans les priorités éditoriales.
C’est une scène familière dans le monde médiatique : l’irruption d’une figure politique comme Donald Trump suffit à détourner tous les projecteurs, même en pleine conférence internationale.
Un exemple frappant qu’a utilisé Kossi Balao pour illustrer à quel point les médias sont souvent happés par l’actualité immédiate, au détriment des sujets de fond.
Lors de la table ronde d’ouverture sur le thème « Journalistes et chercheurs : sommes-nous prêts pour le One Health ? », il a plaidé pour un engagement plus fort des journalistes scientifiques autour de ce concept encore méconnu.

Selon lui, les crises comme le Covid-19, les conflits ou les catastrophes naturelles déclenchent une couverture massive et soudaine. Mais le One Health, une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale échappe souvent à ce réflexe.
« Ce n’est pas un sujet vendeur, et même des journalistes se demandent encore ce que cela signifie », a-t-il lancé. Pourtant, face à la multiplication des zoonoses et des déséquilibres écosystémiques, le sujet est d’une pertinence cruciale.
Kossi Balao a insisté sur la nécessité d’introduire une priorisation éditoriale du One Health dans les rédactions. Pour convaincre les rédacteurs en chef, dit-il, il faut des histoires concrètes, ancrées dans la réalité locale, compréhensibles par tous. « Il ne s’agit pas d’écrire un article scientifique truffé de jargon, mais de raconter la science, de suivre les chercheurs, de comprendre les résultats de leurs études, et de les traduire pour le grand public », a-t-il expliqué.
Enfin, il a encouragé ses confrères à adopter une posture de curiosité, à la manière d’un enfant de trois ans qui suit du regard tout ce qu’on lui enlève. « Nous devons surveiller ce que font les scientifiques, identifier les acteurs du One Health, observer, poser des questions, chercher des récits humains autour de ces enjeux », a-t-il conclu.
Pour le président du RJSAF, renforcer la couverture médiatique du One Health, c’est aussi participer activement à un débat de société qui engage la santé globale, au-delà des frontières disciplinaires.
Par Hector NAMMANGUE depuis Abidjan (Côte d’Ivoire) pour Vert-Togo






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